LE CRÉATEUR DU JOUR
Brasserie artésienne : la Weed, le goût unique du chanvre
jeudi 15.05.2008, 04:57Longtemps, Thomas Pierre a mélangé les houblons par simple jeu. Puis, ce jeune ingénieur en agroalimentaire a décidé de vivre de sa passion : on le retrouve gérant d'une microbrasserie qui lance une bière au chanvre. La Weed, c'est une « mauvaise graine » bonne à faire germer de nouveaux marchés.
L'entrepôt n'a pas de fenêtres mais de toute façon, Thomas Pierre n'a pas le temps de regarder le ciel. Diplômé en juillet 2007 de l'Institut supérieur d'agriculture de Lille, il s'est jeté à l'eau peu après en montant sa société, la Brasserie artésienne.
Installé sur la pépinière de la Porte des Flandres, à Auchy-les-Mines, tout près de La Bassée, il sacrifie cinquante heures par semaine à une vocation typique de « patron ouvrier ». Ici, il fait tout, de la fabrication des mélanges dans ses cuves à la commercialisation des produits, en passant par l'embouteillage.
Sa première idée, c'était de faire dans le « monoproduit » et son porte-drapeau, c'était la... « Saint-Glinglin ! Un clin d'oeil aux enseignes qui vendent des bières supposées d'abbayes ».
Sa blonde, elle, obéit à toutes les valeurs, mélange de trois houblons et de quelques épices dont il ne consent à citer que la coriandre. « Le secret est dans le dosage ! » La Saint-Glinglin et ses 9 degrés ont réussi leur intronisation dans les confréries... et les concours.
« Elle a reçu la médaille de bronze au deuxième concours national en France, dans la Meuse. » C'était bien, mais pas encore assez. « Les clients sont demandeurs d'autres produits : la bière brune, l'ambrée... » Alors il a repris ses mélanges.
Le dernier-né, blond, fruité, « et unique dans la région », est sorti des cuves il y a trois semaines. Baptisé « Weed ». En anglais, « mauvaise graine », par malice encore : le chanvre, atypique, remplace l'un des houblons et même si l'étiquette a des accents reggae, la bière est aussi légale que non hallucinogène ! Légèrement acidulée, elle affiche 5,5 degrés. Après les épiceries et les cavistes qui distribuent la Saint-Glinglin, Thomas Pierre espère qu'elle lui ouvrira les portes « des bars et des discothèques ».
« Le but, c'est de se développer mais sans passer industriel. » Pour l'heure, il produit entre 3 500 et 5 000 litres par mois dans son entrepôt. Une ambition qui rappelle une bière qu'il avait créée avec ses proches, avant de monter sa boîte. Elle s'appelait... « La bébête qui monte ».
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