UN VISAGE, UN JOUR
« Il y a dans le Cambrésis un potentiel de créations d'activités considérable »
dimanche 13.12.2009, 05:02Le sous-préfet Alain Rousseau a fait ses adieux aux Cambrésis cette semaine (notre édition de jeudi). Son successeur, Étienne Stock, jusqu'alors en poste au cabinet d'Éric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement durable, s'installera lundi à Cambrai. Avant de rejoindre la préfecture d'Angers, au poste de secrétaire général, Alain Rousseau a répondu à nos questions.
> VDN : Quel bilan tirez-vous de vos deux années passées dans le Cambrésis ?
Alain Rousseau : « Tout de suite les grands mots... Je ne fais pas de bilan, je ne suis pas un élu. Je m'inscris au centre des problématiques du terrain et réponds aux directives publiques. Un sous-préfet rejoint un territoire avec ses dossiers, il ne choisit pas. Il ne peut donc pas s'agir d'un bilan personnel. C'est un métier généraliste, très divers qui donne une grande variété d'occupation. Il y a forcément des dossiers forts qui marquent mais qu'on n'amène pas avec nous (lire ci-dessous). »
> L'avenir de la sous-préfecture de Cambrai a un temps inquiété les Cambrésiens. Que pouvez-vous nous dire aujourd'hui ?
« Il n'y a aucun projet de cette nature. Si une réflexion était en cours sur la carte des sous-préfectures, croyez-moi, Cambrai est une grosse sous-préfecture, on passerait les derniers. »
> Quel sera votre meilleur souvenir à Cambrai ?
« Je ne citerai pas un événement en particulier, mais je noterai la chaleur humaine, la franchise dans la relation, le respect de l'État et de ses valeurs, que j'ai particulièrement appréciés ici. Mais la neutralité est au coeur de la mission du sous-préfet. Il doit garder de la distance, aussi parce qu'il ne fait que passer. »
> Quel événement vous a le plus marqué ?
« Le drame de Villers-Plouich, d'autant que je n'avais pas pu être immédiatement sur place. Je me souviens de ce drame et du sentiment d'impuissance ressenti. »
> Un peu plus de deux ans à la tête de la sous-préfecture de Cambrai, n'est-ce pas trop court ?
« C'est une source de frustration que je conçois. Mais ça fait aussi partie du métier. À nous de nous adapter vite. Il est effectivement frustrant de s'arrêter au milieu des dossiers. Par contre, c'est rassurant de savoir ces dossiers sur de bons rails. Il y a dans le Cambrésis un potentiel de créations d'activités considérable. Les années à venir seront très fortes. »
> Connaissez-vous votre successeur ? L'avez-vous rencontré ?
« Oui, nous nous sommes rencontrés longuement. Je lui ai laissé plein de papiers. Étienne Stock est quelqu'un d'expérience comme vous pourrez le constater dès lundi. »
> Vous rejoignez Angers. Vous êtes satisfait ?
« Oui. Je suis Nantais, c'est donc la première fois que je vais travailler aussi près de mes bases. »
> Vous quittez une région mais aussi une équipe à la sous-préfecture qui n'a pas caché son émotion à l'annonce de votre départ. Souhaitez-vous leur laisser un message ?
« C'est une très bonne équipe, très consciente du service publique. Des gens travailleurs, y compris dans les difficultés. Ils ont vécu une année difficile et plusieurs fois ils se sont retrouvés à gérer des problèmes informatiques liés au SIV (système d'immatriculation des véhicules, ndlr). Je leur rends hommage. »

