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Baisse drastique des contrats aidés : les élus montent au créneau

samedi 03.05.2008, 05:39
Baisse drastique des contrats aidés : les élus montent au créneau Comment va fonctionner la cantine à Rejet de Beaulieu? Le village ne disposera plus que 2 contrats aidés contre 5 aujourd'hui.

Lettres au préfet, réunions de crise... : les élus du Cambrésis sont sur les nerfs. Depuis quelques semaines, ils doivent gérer la baisse annoncée d'un nombre important de contrats aidés. Soit des agents en moins pour les communes, les hôpitaux, les établissements scolaires... Inquiets, comme les personnes concernées, dont l'avenir s'est, d'un coup, obscurcit.

PAR CÉCILE THIÉBAUT

caudry@lavoixdunord.fr
Laurent Coulon, conseiller général du canton du Cateau, ne décolère pas. «  Avec le plan de rigueur du gouvernement, c'est une baisse de 25 % des contrats aidés au niveau national qui s'annonce. Dans la région, 30 %. Et dans notre arrondissement, on atteint plus de 50 %. Parce qu'ils disent que le chômage baisse. Mais que Valérie Létard et Jean-Louis Boorlo viennent rencontrer tous les demandeurs d'emploi que je reçois dans mes permanences. Ils comprendront que leur plan de cohésion sociale, c'est de l'illusion sociale ! ».

Ces nouvelles mesures sont vécus d'autant plus durement par les élus, qu'elles tombent comme «  un couperet », dixit Jean-Raymond Wattiez, maire de Saint-Hilaire-lez-Cambrai. Guy Bricout à Caudry déplore, lui, qu'elles prennent effet, «  sans concertation », « en pleines vacances (cet été), à une période où il y a beaucoup de travail en extérieur pour les services techniques ». Dans la cité de la dentelle, le nombre de contrats aidés chute de 80 à 23. Au Cateau, de 34 à 10 contrats (de six mois). Services touchés : entretien des bâtiments, des espaces verts, les services aux écoles, etc. Pour les deux villes, c'est une réorganisation du personnel qui se profile. Elle sera insuffisante aux yeux de Serge Siméon, pour qui «  les services à la personne seront affectés ». Embaucher ? «  Mais je ne peux pas exploser mon plafond ». Pour les villages, la situation est encore plus critique. Comme à Rejet de Beaulieu où le maire Augustine Noirmain se demande comment elle va faire fonctionner la halte-garderie, la cantine et l'accueil des 2-4 ans, avec 2 contrats de six mois, alors qu'elle bénéficiait de 5 contrats jusqu'à maintenant. Idem à Troisvilles, où les contrats aidés passent de 4 à 1, remettant en cause le service de la cantine : «  Si on n'obtient pas de compensation, je n'aurais d'autre solution que de recourir à des organismes privés », confiait le maire Gérard Cagnon. Outre les communes, les établissement scolaires, le centre social de Caudry, mais aussi l'hopital du Cateau sont touchés. À hauteur de 50 % pour ce dernier.

Le directeur de l'ANPE du Cateau Frédéric Latka a rencontré les élus du Pays de Matisse fin avril pour expliquer la stratégie des trois agences du Cambrésis face à la crise, «  On a fait le choix de ne léser personne en fixant des critères », explique-t-il. Ainsi, chaque village de moins de 1000 habitants sera doté de 2 CAE (de six mois), les autres communes d'un CAE supplémentaire par strate de 1000 habitants. Voilà qui a le mérite de mettre toutes les communes sur un pied d'égalité, et pour Frédéric Latka, de mettre un terme à «  une surconsommation de contrats aidés par certaines collectivités » - des débordements que plusieurs maires ont, du reste, reconnus, à demi-mots. Mais en brandissant toujours la vocation sociale de ces contrats (lire ci-contre). •

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