EMPLOI
Et si on vous disait que la métallurgie recrute ?
lundi 20.07.2009, 04:57Il y a trente ans, on les appelait les « tapeux d'tôles ». On les voyait sales et harassés par de dures journées d'ateliers. Depuis ? Une révolution : les machines à commandes numériques. Désormais, les chaudronniers, tourneurs-fraiseurs, tuyauteurs et autres métallos ont le vent en poupe. Et l'avenir à portée de main, puisqu'il parait que le secteur recrute.
Pas simple d'expliquer que la métallurgie est un secteur porteur d'emplois, quand par ici, on ne s'est pas encore tout à fait remis de la fermeture de Metaleurop, et de ses 830 licenciements. Pourtant, six mois après leur sortie du centre de formation de Montigny-en-Gohelle, 80 % des jeunes apprentis sont insérés.
Dans la région, 2 700 entreprises travaillent dans le secteur de la métallurgie, avec 110 000 employés dans leurs fichiers. Et ces entreprises ont besoin de salariés qualifiés. Qu'elles peinent à recruter. « Aujourd'hui, programmer une machine, c'est pas donné à tout le monde ! Ces métiers ont énormément évolué mais les gens ne le savent pas » explique David Skrzypczak, directeur du centre de formation des apprentis (CFA) de Montigny. Du coup, les gamins rechignent à s'engager dans cette voie jugée peu valorisante. « Et pour les parents, c'est dur d'encourager les enfants là-dedans alors qu'eux-mêmes ont été touchés de plein fouet par des fermetures comme Metaleurop... Mais, il faudra toujours des machines industrielles, des moteurs, des pièces de moteurs... Aujourd'hui, on prépare les jeunes à l'après-crise. » Le domaine est vaste. Conception, réglages, maintenance, productique, vente... « À l'heure actuelle, on connaît des entreprises qui ont des commandes et qui ne peuvent pas les satisfaire parce qu'elles n'ont pas les gens qualifiés... lance Jean-Yves Beslin, directeur des CFA de la région.
C'est fou ! Derrière ça, il y a un pan économique déterminant pour l'avenir. » Un pan économique déterminant, et un secteur exigeant que les responsables des centres de formation des apprentis connaissent bien (lire par ailleurs). « Nous, notre mission, c'est de préparer des jeunes aux compétences dont les entreprises ont besoin. Sans exiger de prérequis. Moi par exemple, précise Jean-Yves Beslin, j'aime les gens qui ont eu des parcours chaotiques... Ça crée de la motivation. » Pas de bagage exigé donc. « Mais on veut des jeunes chez lesquels on sent des aptitudes. La mécanique exige de la rigueur. Ici, on travaille sur des échelles qui sont de l'ordre du micron (100e de millimètre). C'est pour ça que nous sommes exigeants. » Pour la prochaine session de formation, 380 offres d'apprentissage sont à pourvoir au niveau régional. « L'an passé, on a fini la session avec des offres non pourvues. C'est pour ça qu'on organise des portes ouvertes tous les mois. » Les prochaines ? « Les 9 et 30 septembre. Mais si les gens veulent venir en dehors de ces journées-là, pas de problème, on les accueille et on les informe. » Décidément, côté formateurs, de la motivation, il y en a.
> Portes ouvertes les 9 et 30 septembre. Au centre de formation des apprentis de Montigny-en-Gohelle, 179 rue de la Libération, même entrée que le CAT. Le CFA est ouvert jusqu'au 24 juillet, réouverture le 24 août. Contact par téléphone au 03 21 20 40 31.

