CONJONCTURE
Exclusif : les effets de la crise, d'après la direction régionale du travail
mercredi 23.12.2009, 05:03Il est temps de faire un bilan de l'année et nous l'avons fait avec Marie-Laure Balmès, directrice régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle à Lille. Les chiffres ne démentent pas une année difficile et les licenciements économiques, plus nombreux, ne concernent pas forcément les secteurs les plus médiatiques.
Et d'abord une remarque, la moitié des licenciements économiques datés concernent les plans de sauvegarde de l'emploi (PSE, anciens « plans sociaux »). Ces PSE doivent concerner au moins 10 salariés pendant au moins 30 jours. Au 11 décembre, la direction du travail enregistre 15 710 suppressions d'emplois dont 7 135 en PSE pour 103 entreprises.
En 2008, la région déplorait 10 441 pertes... 5 000 de moins avec un mois de plus. En 2008, nous avions 173 PSE, les plans annoncés cette année concernent donc de plus grands établissements, surtout industriels. « Les salariés les plus en difficulté sont souvent hors PSE, explique Marie-Laure Balmès. Dans ce cas, ils ne peuvent pas compter sur un accompagnement obligatoire de leur entreprise mais doivent s'en remettre aux aides de l'État (1). »
Activité partielle
Notre infographie détaille la répartition de ces suppressions d'emplois par secteur et on voit bien la part relative de l'automobile, moteur de l'industrie régionale avec 55 000 emplois. En réalité, les équipementiers fournisseurs des constructeurs ont surtout joué sur leurs intérimaires et sur leurs contrats à durée déterminée, essayant de garder leurs salariés en CDI.
Cela veut tout autant dire que les plus gros bataillons de licenciements se sont opérés cette année de manière diffuse, presque en silence, sans que cela puisse vraiment se remarquer, dans les petits commerces, les restaurants, chez les artisans du bâtiment, etc.
L'activité partielle, quant à elle (chômage partiel avec formations) aura mobilisé 25 millions d'heures de formationsur onze mois contre 3,6 millions d'heures en 2008. À titre indicatif, l'automobile pèse 30 % de ces 25 millions d'heures contre 56 % des 3,5 millions d'heures de l'année dernière. Notre région est la deuxième au classement national des activités partielles, derrière Rhône-Alpes, avec 10,5 % des heures recensées dans l'ensemble des régions françaises (à comparer aux 6,5 % de la population nationale ou aux 5,1 % du PIB national dans le Nord - Pas-de-Calais).
« Les chiffres sont vraiment volumineux mais nous partons d'une situation déjà très difficile. En fait, la région souffre mais souffre-t-elle davantage que la Lorraine ou la Franche-Comté par exemple ? » Marie-Laure Balmès insiste sur la mobilisation des dispositifs de soutien « qui seront maintenus avec autant d'intensité en 2010 ». Le combat continue.
1. Les contrats de transition professionnelle dans 4 bassins (1 750 salariés gardent leurs salaires pendant un an avec un accompagnateur pour 30 bénéficiaires) 24 conventions de revitalisation 1 000 congés de reclassement.


