Arcelor-Mittal : « Une autre vision du monde »
vendredi 23.11.2007, 16:34Le numéro un mondial de la sidérurgie renforce cette année le positionnement de son site dunkerquois, première usine à chaud du groupe en Europe. Merci Mittal !
2006 : un tournant dans l'histoire d'Arcelor avec l'arrivée de Mittal. A-t-elle bouleversé le quotidien des 4 200 salariés du site de Dunkerque ? Pour son directeur, Jean Jouet, exit le mot restructuration, « parlons investissements et embauches ». Numéro un mondial de la sidérurgie (320 000 employés dans plus de 60 pays), Arcelor-Mittal est leader sur les marchés de l'automobile, de la construction, de l'électroménager et de l'emballage. Arcelor-Mittal Dunkerque (4 200 salariés sur les sites de Dunkerque et Mardyck) est la première usine à chaud du groupe en Europe avec une production de près de 7 millions de tonnes d'acier par an.
Usine dite « intégrée » (fabrication de fonte puis d'acier), elle produit des bobines destinées au secteur automobile et alimente plusieurs usines sur le périmètre Atlantique du groupe. Parmi elles, celle, toute proche, de Mardyck, qui produit 2,2 millions de tonnes d'acier laminé à froid et 800 000 d'acier galvanisé. « Sur le secteur automobile, ces usines représentent plus de 20 % des ventes d'acier plats du groupe Arcelor-Mittal en Europe », souligne Jean Jouet.
Qu'a changé l'arrivée de Mittal ? « C'est une autre vision du monde, une autre culture. Le fameux World is not enough (le monde ne suffit pas, NDLR), répond le directeur d'Arcelor- Mittal Dunkerque. Bref, si Mittal pouvait s'installer sur Mars, il le ferait ! Pour lui, demain sera mieux qu'hier. Nous sommes séduits par son discours, car il nous présente du concret, de la croissance, du positif. »
Quid des 4 200 salariés du site ? « Leur quotidien n'a pas changé, répond Jean Jouet. Nous avons atteint un degré d'expertise qui est comparable à ce qui se fait de mieux dans le monde. On ne change pas une équipe qui gagne ! L'usine fonctionne bien comme ça, alors on continue, seulement on se met dans une autre perspective. »
Côté embauches, 150 personnes ont été recrutées en CDI en 2006 et le mouvement se confirme cette année avec 207 nouvelles embauches, dont 183 sur le site de Dunkerque. « Ici, nous n'avons aucune difficulté à recruter, affirme Jean Jouet. Le nom de Mittal exerce une forte attractivité, à tel point que nous avons par exemple vu des polytechniciens revenir postuler chez nous. »
Reste les investissements. Outre l'enveloppe dédiée à la réduction des émissions polluantes (100 Mdepuis 1997), Arcelor-Mittal s'est engagé dans un plan de réfection de ses installations. En 2006, 130 M ont ainsi été investis dans celle du haut-fourneau n°3 et 6 M pour l'achat d'un nouveau portique sur le quai. Le programme se poursuit en 2007 avec notamment un nouveau broyeur de charbon et la rénovation de la troisième coulée continue, qui sera achevée en 2009. « D'ici 2010, conclut Jean Jouet, nous aurons rénové les trois hautsfourneaux et les trois coulées continues, ce qui nous permettra de monter notre capacité à 7,5 millions de tonnes contre environ 6,7 aujourd'hui. »
Un enjeu : le développement portuaire
Dunkerque : troisième port de France avec un trafic annuel de 56, 64 millions de tonnes, dont environ 14 générées par la seule activité dArcelor-Mittal. Aujourdhui, pourtant, les capacités daccueil des minéraliers savèrent insuffisantes...
« Lune des clefs de la compétitivité, cest le coût dacheminement des matières premières à lentrée de notre site. Les usines du futur devront donc augmenter leur capacité daccueil des bateaux, ce qui constitue un véritable enjeu. »
Seul « hic » aujourdhui : lécluse donnant accès au site dArcelor- Mittal Dunkerque nétant pas assez large, lusine ne peut accueillir que des minéraliers de 110 000 tonnes maximum. Audelà, une partie de la cargaison doit donc être déchargée au port ouest, en loccurrence au quai à pondéreux (QPO), puis acheminée par voie ferrée jusquà Arcelor-Mittal (qui totalise 70 km de voies ferrées et 120 de route). Doù un problème de coût. « LEspagne, par exemple, est capable daccueillir des minéraliers jusquà 300 000 tonnes. Ce que nous souhaitons, cest que le port autonome de Dunkerque fasse des investissements pour accroître, à lhorizon 2020, la capacité daccueil des minéraliers », conclut Jean Jouet. La direction du PAD étant sur la même longueur donde quArcelor-Mittal, des négociations ont été ouvertes.
OL.D.


