Le bâtiment se fissure mais reste solide
lundi 01.12.2008, 00:00Le bâtiment gravit les étages un à un depuis quelques années.
Des grues ont été montées. Des murs ont été érigés. Des emplois ont été créés. Mais ces derniers mois, l'édifice s'est fissuré.
Même si le Nord - Pas-de-Calais s'en sort plutôt mieux que les autres régions, il n'échappe pas à la crise qui touche l'immobilier. « Quand les mises en chantier de logements neufs diminuent de 1 % fin août dans la région, elles baissent de 10 % au niveau national », précise Thibault Delepoulle, vice-président de la Fédération française du bâtiment Nord -Pas-de-Calais. En revanche, « les autorisations de mises en chantier diminuent de 20 % dans la région et de 16% au niveau national entre août 2007 et août 2008 ». L'achat est devenu plus complexe, selon Benoît Loison, président de la FFB : « Le coût du foncier s'est envolé. Il faut prendre des mesures. Bientôt, l'habitation sera aussi chère que le terrain ! Par ailleurs, les banques sont plus frileuses. Les conditions d'accès aux crédits sont compliqués... »
Pour autant, les professionnels ne cèdent pas à la panique : le logement neuf ne représente que 28 % de leur activité. Et à côté de ça, le logement social, collectif ou individuel, ne ralentit pas. La construction de bureaux est stable. Quant à la réhabilitation, « c'est un boulevard qui s'ouvre devant nous », insiste Benoît Loison.
Les prix, un sujet d'inquiétude
Le Grenelle de l'environnement a notamment fixé des impératifs en termes énergétiques pour les logements, qu'ils soient neufs ou anciens. Pour l'existant, les estimations tablent sur 3,5 millions de logements à rénover au niveau de 80 kWh/an d'ici à 2012 ce qui correspond à un marché de 27 milliards d'euros. Il faut y ajouter un surinvestissement pour le neuf et les travaux à effectuer sur le non-résidentiel. « On est optimistes, notamment par rapport à la réglementation thermique, à la protection incendie et par rapport aux accès des bâtiments a u x personnes à mobilité réduite. »
Grâce à ces différentes perspectives, l'emploi devrait se maintenir. « Le travail temporaire régule l'activité », estime Thibault Delepoulle. « De nombreux départs en retraite s'annoncent qu'il va falloir compenser. Entre janvier et juin 2008, les entreprises de bâtiment ont recruté 2 000 personnes dans la région. Je ne les vois pas diminuer le nombre de postes l'année prochaine. Je pense même que le solde net d'embauches sera toujours positif, même en 2009. »
En revanche, les prix restent un sujet d'inquiétude. Alors que les coûts de la main d'ouvre, des transports et des matériaux ont augmenté, les entreprises de bâtiment ont du mal à faire passer des hausses de prix auprès de leurs clients.
L'essentiel
- Le secteur du bâtiment emploie plus de 72 000 personnes dans la région (auxquelles il faut ajouter 9 000 intérimaires) au sein de 13 000 entreprises dont 8 000 avec au moins un salarié.
Parmi elles, 1 700 ont été créées en 2007. On compte 6 124 femmes salariées dans le bâtiment dont 800 ouvrières.
- Cette filière a enregistré un chiffre d'affaires de 5,8 milliards d'euros en 2007, c'est-à-dire 4 % du chiffre d'affaires national.
- Les entreprises de travaux publics emploient quant à elles 19 000 personnes dans la région auxquelles il faut ajouter 3 000 intérimaires. Elles réalisent un chiffre d'affaires de l'ordre de deux milliards d'euros.

