Béthune-Bruay

AUCHY-LES-MINES

Après la « Saint-Glinglin », lancement d'une bière au chanvre, la « Weed »

jeudi 08.05.2008, 16:42
Après la « Saint-Glinglin », lancement d'une bière au chanvre, la « Weed » Avec Thomas Pierre, pas besoin d'attendre la Saint-Glinglin pour être servi ! PHOTO "LA VOIX".

L'idée fermentait depuis longtemps et Thomas Pierre a fini par se lancer. Ingénieur en agroalimentaire, il a monté sa microbrasserie à Auchy-les-Mines et sort sa deuxième bière, la « Weed ». Un mélange rare à base... de chanvre. Une bière unique dans la région.

Sur l'étiquette, le drapeau jaune, vert et rouge annonce la couleur : des accents reggae provocateurs pour un breuvage tout ce qu'il y a de légal. La « Weed », littéralement « mauvaise graine », contient du chanvre mais n'est tout de même pas un dérivé de cannabis ! Les composés ne sont pas les mêmes, pas de risque d'éléphants roses. En 33 cl, elle est la dernière née de la microbrasserie de Thomas Pierre. Un produit à 5,5 ° qui devrait lui ouvrir les portes « des bars et des discothèques ».

Son intérêt pour le monde brassicole a commencé dans le carton. Il a collectionné les sous-bocks et les étiquettes avant de jouer les apprentis sorciers. Il y a six ans, ce Vermellois réalisait ses premiers mélanges, des « brassins » de 30 l que sans vergogne il faisait goûter à ses proches. « Avant, on achetait de la bière en Belgique. C'était plus cher de la fabriquer mais on faisait ce qui nous plaisait ! » Il n'avait pas fini ses études qu'avec son beau-père et un copain, il lançait une première bière au nom inoubliable : « La bébête qui monte ». Son diplôme en poche, il a rêvé de vivre de son chaudron magique. « Pour en vivre, il fallait se développer. » En août 2007, diplômé de l'ISA à Lille, on le retrouve gérant de la Brasserie artésienne. Seul à bord, il incarne le patron-ouvrier : de la fabrication au démarchage, il fait tout sans compter ses heures - 50 par semaine. Pour quatre ans, il loue un entrepôt au centre d'affaires de la Porte des Flandres. La pépinière lui apporte des avantages tels que l'exonération de charges, mais pour le reste, il a dû trouver seul les financements : « 40 000 E » pour ses cuves, ses palettes...

Malin, Thomas a cogité. « La bière recule en France, sauf les bières typées. » Un créneau exploité non sans malice : « J'ai créé la Saint-Glinglin par clin d'oeil aux enseignes qui vendent des bières dites d'abbayes. » La sienne en a les qualités. Forte (9 °), elle cache sous sa robe blonde ses secrets : « Du houblon de bière d'abbaye, des épices dont la coriandre, une mousse qui dure. » Plus de houblon, moins de sucre... Tout joue. « Le dosage, c'est le secret ! » La Saint-Glinglin a reçu le bronze au 2e concours national, dans la Meuse.

« La veille du brassage, je mets 2 000 l d'eau à chauffer à 80 ° C. Le matin, on met l'eau et le grain concassé en cuve d'empâtage. » Le grain est filtré, le mélange bout et on ajoute les houblons (3 pour la Saint-Glinglin). Plus on le met tôt, plus le nectar est amer. La levure vient après refroidissement et la fermentation s'étale sur 4 ou 5 jours. L'embouteillage ? À l'ancienne.

Thomas pensait s'en tenir à un « monoproduit » mais le client est exigeant. Voilà pourquoi il y a 15 jours, il a lancé la Weed, une spéciale à fermentation haute (5 jours à 25 °C) et à longue période de garde en cuve à 1° C. Pour l'instant, il produit en tout de 3 500 à 5 000 l par mois et s'est trouvé des relais (épiceries, cavistes) sur toute la région. « J'ai une centaine de points de vente. Le but, c'est de se développer mais sans passer industriel. » Et de vivre de sa passion. Mais comme pour la fermentation, il faut être patient.
> http://brasserie.artesienne.free.fr

ISABELLE MASTIN
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