Équarrissage : la grève chez Saria entraîne des risques sanitaires
jeudi 22.11.2007, 08:56Depuis une semaine, l'ensemble des salariés de l'entreprise d'équarrissage Saria de Beuvy-la-Forêt sont en grève. Une situation critique puisque des tonnes de cadavres d'animaux et de déchets ne sont plus enlevées dans une grande partie de la région Nord - Pas-de-Calais.
Ils sont déterminés et hier soir, à l'heure où nous mettions sous presse, les trente salariés du site n'étaient pas prêts à lâcher leurs revendications. Ils décidaient la poursuite de leur mouvement de grève. Dans leur ligne de mire, un projet de cession du site de Beuvry à leur concurrent, le groupe Caillaud. Les salariés craignent pour la sauvegarde de leur emploi et une éventuelle fermeture du site. « Nous voulons savoir précisément ce qui va nous arriver pour que nous puissions nous retourner. Allons-nous être délocalisés, mutés ou licenciés ? », lance l'un d'eux. « Le site fonctionne très bien. Nous voulons comprendre cette décision. » Saria industries, numéro un français de l'équarrissage (enlèvement des cadavres d'animaux, des déchets non valorisables, des résidus d'abattoir, de boucherie...), est une société privée d'utilité publique. Le site, anciennement les Établissements Trublin, exerce la même activité depuis 1917. Chaque semaine, dans la région, ce sont 400 tonnes de cadavres d'animaux qui sont enlevés (*). « Nous allons chez les éleveurs, les fermiers, les bouchers, les services techniques municipaux et même à Nausicaa à Boulogne-sur-Mer », explique un des vingt chauffeurs.
Mais depuis jeudi, plus aucun camion ne sort du site. Une situation critique qui pourrait causer des risques sanitaires. « Ce sont les clients qui nous appellent pour l'enlèvement. Nous avons deux jours pour venir retirer les cadavres. » Soit 48 heures largement dépassées depuis le début de la grève.
En une semaine, un éleveur du secteur a perdu deux vaches et deux veaux (notre photo), emportés par la fièvre catharale.
« Nous les avons mis à l'extérieur du bâtiment pour ne pas contaminer les autres bêtes. Le problème est qu'il y a des renards qui se baladent. Il y a des risques sanitaires. Personne ne peut nous les enlever, Saria a le monopole du ramassage », précise le professionnel. Qui ajoute néanmoins « qu'il comprend l'inquiétude des salariés ». Il espère pourtant que l'on pourra vite venir chercher ses bêtes qui se décomposent petit à petit.
Hier, dans l'après-midi, un dialogue s'est instauré avec la direction (lire ci-dessous) mais les salariés, insatisfaits des réponses données, ont décidé de continuer leur action. Du côté de la préfecture du Nord, aucune réquisition des camions et des salariés ne serait prévue aujourd'hui.
> (*) C'est le site d'Etreux (Aisne) qui s'occuppe de la transformation.
