Lens-Hénin

Nitrochimie a fermé la page Seveso... la trame verte sera-t-elle la suivante ?

samedi 29.09.2007, 12:08
 Nitrochimie a fermé la page Seveso... la trame verte sera-t-elle la suivante ? Soixante-cinq hectares à vendre (ou presque) en bordure de Deûle, c'est le nouveau visage de Nitrochimie.

C'est une des dernières étapes vers le démantèlement de Nitrochimie qui doit s'achever le 31 décembre. Cet été, les contraintes de sécurité dans et autour du site ont été levées par la préfecture du Pas-de-Calais. La fin du périmètre Seveso sonne comme un nouveau départ pour les 65 hectares boisés.
Certains élus verraient bien la friche s'intégrer dans le corridor biologique entre le parc de la Deûle au nord et les espaces verts de Wingles au sud. Tout dépendra des négociations qui vont démarrer avec le groupe EPC, propriétaire du site.

Les pêcheurs à l'étang limitrophe, des véliplanchistes à la base de loisirs... La vie a repris son cours autour de Nitrochimie. Le long des clôtures, les panneaux prévenant du danger lié aux explosifs semblent soudain bien désuets après la levée des contraintes de sécurité. Rien à voir avec la situation de blocage générée par l'explosion du 27 mars 2003, quand quatre employés de Nitrochimie périrent au petit matin dans un atelier pyrotechnique de cette société qui fabriquait alors de la dynamite. Dès lors, l'application stricte des directives Seveso était décrétée par les autorités. Presque du jour au lendemain, tout projet d'école, de gymnase, de logements, toute activité de loisirs à l'intérieur du périmètre étaient devenues impossibles.
Bientôt sous gardiennage


Quatre ans plus tard, le temps de Seveso est révolu sur et autour des 65 hectares répartis à 70 % sur Billy-Berclau, 37 % sur Wingles et 3 % sur Meurchin. Après son inspection menée en avril, la DRIRE (direction régionale de l'industrie, la recherche et l'environnement) précise que toutes les restrictions ont été levées au 31 juillet par la préfecture. Toujours selon la DRIRE, les élus des communes concernées (Billy-Berclau, Wingles, Meurchin, Bauvin) ont été avertis qu'ils pouvaient désormais remettre au goût du jour leurs projets d'urbanisme.
Cette levée du périmètre Seveso s'intègre dans un processus de mise en friche des 65 hectares en grande partie boisés. Quelques bâtiments resteront sur pied, en bordure du chemin de halage, après la fin de la décontamination programmée par le propriétaire (le groupe Explosifs et produits chimiques) au 31 décembre 2007. Huit personnes restent sur le site pour cette ultime phase. Ensuite, tous les salariés auront quitté l'enceinte inerte qui sera placée sous gardiennage par une société privée. Le temps qu'une solution soit trouvée pour la cession, en une ou plusieurs parties, de cette friche équivalente au dixième de la commune de Billy-Berclau.
Trame verte


Quel avenir pour le site ? Industriel ou écologique ? C'est l'enjeu des réunions à venir, à commencer par celle du 15 octobre à Oignies, au siège de la Mission bassin minier. Cette association porteuse de projets (dont l'inscription du bassin minier au patrimoine de l'Humanité) est financée par l'État, la Région et les deux départements. Elle intervient dans divers projets qui échappent au contrôle d'une simple commune ou même d'une communauté d'agglomération. Son rôle sera celui de médiateur entre industriel, collectivités et divers organismes concernés. Ainsi le parc de la Deûle, au sud de la métropole lilloise, pourrait trouver là un prolongement naturel dans le Pas-de-Calais. Pour l'instant, cette trame verte nordiste vient buter sur le canal d'Aire-à-la-Bassée à hauteur de Bauvin. Une fois franchi le canal, Nitrochimie se trouve en plein dans un corridor vert qui relierait ce parc aux espaces verts de Wingles, Billy-Berclau et Douvrin.


« Vu d'hélicoptère, c'est du vert partout entre Bauvin et le pont de Meurchin », indique Daniel Delcroix. L'idée d'une trame verte et bleue (à cause du canal) ne serait pas pour déplaire au maire de Billy-Berclau. Mais celui-ci ne veut surtout pas présager des discussions à venir : « Pour l'instant, on se rend compte de ce qui n'est pas possible. » Un temps évoquée, l'hypothèse d'une installation industrielle apparaît peu probable en raison des difficultés d'accès routier au site.


Ceci dit, le groupe EPC a confié à une filiale (Stips) le soin de mener une étude de viabilisation. Une chose est sûre, aucune activité Seveso ne reprendra sur place. EPC se dit prêt à étudier toutes les propositions, y compris de vente à la découpe, autrement dit en plusieurs parties. Bref, il y a de la « négo » dans l'air.


PAR PHILIPPE BESSIN

L'impact de l'accident

Avant le 27 mars 2003, Nitrochimie comptait encore 87 employés. La conséquence de l'explosion fut l'application stricte des consignes de sécurité selon les directives Seveso qui dataient de 1982. Sur le principe du « quand l'emploi va, tout va », ces directives n'avaient jamais empêché, jusque-là, le développement des activités de loisirs ni les projets d'urbanisme dans le périmètre. L'accident (et aussi l'onde de choc provoquée par celui d'AZF en septembre 2001) a été déterminant.

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