POLÉMIQUE
Yves Durand : « Cette plate-forme de stockage est une ineptie, je me battrai jusqu'au bout »
jeudi 20.03.2008, 11:31Bruit, poussière... Les nuisances causées par la plate-forme de stockage de ballast, rue Albert-Thomas, sont nombreuses, selon le maire et les riverains. Stoppée plus de deux mois par un arrêté communal, l'activité du site a repris mardi. Mais le maire ne s'avoue pas vaincu. Bien au contraire.
Lentement, le bras de la grue se lève. Et plonge dans un des wagons gris acier. Les mâchoires se referment alors sur le gravier finalement relâché juste à côté, dans un grand bruit. Le mouvement recommence. Comme la veille, mardi. Jour de reprise d'activité pour cette plate-forme de stockage et de transport de ballast située le long de la rue Albert-Thomas, à Lomme. L'arrêté d'interdiction de fonctionner pris par le maire fin décembre n'aura donc été efficace que quelques semaines. « Le tribunal administratif l'a cassé début février mais j'ai fait appel et j'emploierai tous les recours possibles. Cette plate-forme est une ineptie, je me battrai jusqu'au bout », raconte l'élu, excédé par l'attitude de la direction régionale de la SNCF qu'il juge « floue ». Voire pire. « Ils se comportent comme des gougnafiers, c'est indigne d'un service public. D'ailleurs, je vais écrire au nouveau responsable national. Ils nous baladent depuis le début ! » Le début ? Il y a un an et demi. Lorsque Yves Durand découvre que la plate-forme s'est installée « sans concertation ni aucune information » en plein coeur de Délivrance, un quartier qui vient juste d'être rénové. « Ce site est bruyant, il crée de la poussière, sa présence en pleine ville est une imbécillité. »
En attendant « une implantation définitive en dehors de la ville », l'élu est allé voir RFF, dont le site, inoccupé, est situé à 500 mètres, afin de savoir s'ils accepteraient d'accueillir, provisoirement, la plate-forme. « Ils ont dit oui. Ce chantier de transports combinés est idéal pour cette activité et puis ce serait une utilisation plus intelligente que d'accueillir des installations sauvages de caravanes. » Ce n'est pas aussi simple, rétorque-t-on au service communication de la SNCF. « Une longue étude a été faite avant que ce terrain soit choisi. Il correspond aux critères de la DRIRE en matière de nuisances et son emplacement est stratégique. Il a nécessité un investissement de 400 000 E . Si on se déplace, il faudra peut-être refaire des travaux et nous resterons en zone urbaine. Qui dit que cela ne créera pas d'autres nuisances ? » Autre réticence : le site RFF est le seul de la métropole qui puisse accueillir du ferroutage. Or c'est une activité que la SNCF aimerait valoriser. « Si nous déplaçons la plate-forme, le ferroutage ne sera plus possible. » En attendant, la SNCF reste « ouverte aux échanges avec le maire et les riverains ». Ils risquent d'être tendus.


