FRETIN
PréFerNord : l'enquête publique soulève des inquiétudes
mercredi 09.07.2008, 05:27PréFerNord, l'usine de traitement de déchets métalliques située à la sortie nord de Fretin, veut augmenter ses capacités de traitement. Consultés, les habitants s'inquiètent des éventuelles retombées sanitaires de ses activités. Fin de l'enquête publique demain.
PAR THOMAS VAMPOUILLE
villeneuvedascq@lavoixdunord.fr PHOTO LA VOIX
À la mairie de Fretin, le dossier d'enquête publique PréFerNord n'invite pas à la lecture. Trente centimètres de rapports, d'hypothèses et de considérations techniques. Pourtant il est bien destiné au public : depuis le 10 juin, chaque habitant peut venir le consulter et y livrer ses observations.
Comme quelques autres, Vincent Thomy ne s'en est pas privé. Sa principale préoccupation : la nature des poussières issues de l'usine. « Ici tout le monde vit avec cette poussière mais personne ne sait ce qu'elle contient », s'inquiète le riverain de la rue Gabriel-Péri.
Sans accuser l'usine, certains médecins de la commune constatent un grand nombre d'affections respiratoires parmi la population. Chez PréFerNord, on met en valeur les investissements réalisés pour moderniser les installations : 8 millions d'euros depuis 2001, et la mise en place d'un dépoussiérage systématique.
Mais ce que ne dit pas le dossier d'enquête publique, c'est que l'usine aurait déjà augmenté le volume de déchets traités. La demande d'autorisation ne serait donc qu'une régularisation de situation. Béatrice Mulliez, maire de Fretin, reconnaît que les habitants sont mis au pied du mur. Mais l'élue, qui s'était oppposée à l'installation de PréFerNord si près des habitations quand elle était conseillère municipale avant 1989, se veut aujourd'hui rassurante : « C'est une installation classée, soumise aux contrôles de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) . » Des explications qui ne suffisent pas à Vincent Thomy : « Je ne dis pas que PréFerNord est dangereuse. Mais je voudrais que l'on éclarcisse certains points. Surtout, que des prélèvements de poussières soient faits dans nos jardins, plutôt que des études sanitaires basées sur des hypothèses de travail. » Pour faire état de ces inquiétudes, le citoyen a entrepris, avec l'appui de la Fédération Nord-Nature-Environnement, de faire circuler une pétition. Une trentaine de signatures ont déjà été réunies. De son côté, la direction de PréFerNord propose aux habitants une visite de son site, pour répondre à ces interrogations.
Demain après-midi, la commissaire-enquêtrice chargée de relever les observations des habitants rencontrera une dernière fois ceux qui le souhaitent, avant de clore l'enquête. Et « si les habitants demandent des analyses, elles seront faites », assure le maire.


