Les salariés de 3 Suisses ont l'attentisme prudent
samedi 15.11.2008, 05:09Les salariés de 3 Suisses ont appris que restructuration ne veut pas forcément dire suppressions d'emplois. Mais ils ne sont pas convaincus.
Hier, c'était le premier comité d'entreprise de Pascal Gires, le nouveau directeur général arrivé fin octobre, en remplacement de Jean-Marie Bouckaert. Impressions ? La même que celle ressentie lors des prises de fonctions des trois patrons précédents. C'est en tout cas l'appréciation de Fatiah Bouzaoui, déléguée CGT, qui ne veut pas partir avec un mauvais a priori, mais qui a en tête ce que les prédécesseurs de Pascal Gires ont pu promettre : ne pas s'en tenir à ce qui a été fait dans le passé mais proposer autre chose... Mais dans le contexte économique actuel et avec l'ombre de la restructuration engagée par La Redoute, « il nous a dit qu'il fallait nous serrer les coudes, travailler ensemble... »Lors de cette réunion du comité d'entreprise, les syndicats n'auraient pas eu toutes les réponses à leurs questions. A commencer par celle ayant trait au remplacement de Jean-Marie Bouckaert. « On a demandé avec combien était parti notre ancien dirigeant quand il a quitté l'entreprise... » Pas de chiffres. Évoquant les ventes, « si on nous dit que les commandes ne sont pas là, nous, à la CGT, nous disons que pour booster le pouvoir d'achat, il faut augmenter les salaires ». Là encore, pas de réponse. Les syndicats, rebondissant sur les difficultés de la vente à distance, ont su demander en quoi le contexte pouvait justifier pour le groupe de verser des dividendes à ses actionnaires.
Les actionnaires, justement, 3 Suisses leur présentera son budget le 15 décembre prochain. Un comité est prévu le lendemain. La CGT ne croit pas à des annonces particulières, persuadée que la direction ne prendra pas le risque de mettre en parallèle sa propre réorganisation et celle de La Redoute.
Mais la réorganisation est en cours, malgré tout, et si « notre direction nous a pas dit qu'il y aurait pour autant des suppressions d'emplois, on ne peut pas s'en féliciter ». Car la prudence est de mise. Si des secteurs sont sensibles comme le traitement des commandes (les centres d'appels notamment), des projets plus lourds comme la mise en place d'un nouveau logiciel pourrait avoir un impact sur toute la chaîne logistique de 3 Suisses. Et sur les effectifs ? La question reste en suspens.
