Audomarois

Les abeilles sont menacées et il n'y aura pas de miel cet été

mardi 07.08.2007, 08:42
Les abeilles sont menacées et il n'y aura pas de miel cet été Il n'y a pas de miel dans les cadres de la ruche à un moment où la récolte devrait être effectuée. PHOTO "LA VOIX".

Le mauvais temps de ce printemps et du début de l'été ne fait pas l'affaire des apiculteurs. Selon eux, la récolte de miel devrait être catastrophique, voire nulle. La survie des ruches pour l'an prochain s'en trouve même menacée.

Les abeilles ne dissuadent même plus les intrus de s'approcher de leurs ruches. « Elles n'ont pratiquement rien à défendre, explique Léon Darcourt, vice-président du syndicat des apiculteurs de l'Audomarois. Il n'y a qu'un peu de miel en profondeur, pour servir de provision aux abeilles. » Inquiétant, d'autant plus que la récolte aurait déjà dû commencer fin juillet. Elle devait se prolonger jusqu'au 15 août. « C'est trop tard cette année, s'apitoie l'apiculteur. Il n'y a quasiment plus de nectar à butiner à cette époque. La récolte sera tout simplement nulle cette année. Depuis quarante-sept ans que je m'occupe de mes abeilles, je n'ai jamais connu une telle situation ». Loin des années fastes, où il peut, pour chaque ruche, récolter jusqu'à douze kilos de miel. Et ce, en plus des quinze kilos nécessaires pour que les insectes puissent se nourrir, l'hiver venu.

Il faut remonter au printemps dernier pour comprendre la disette qui s'annonce à l'intérieur des ruches. En avril, la chaleur et le soleil ont favorisé la production d'un miel de colza. « Au vu de la quantité produite à ce moment de l'année, l'année s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices », raconte Francis Duwicquiet, président du syndicat des apiculteurs.

Manque d'énergie
Mais cette variété de miel durcit plus facilement. Pas de quoi tenir dans la ruche, lorsqu'en mai, juin et juillet, les températures se sont abaissées. Dans le même temps, des trombes d'eau s'abattaient sur l'Audomarois. Les abeilles détestent la fraîcheur et l'humidité. Et au moment d'une éclaircie, elles ne pouvaient même pas butiner. Soit le nectar, à cause de trop basses températures, n'était pas encore monté dans la fleur. Soit celle-ci se retrouvait engorgée d'eau, et l'abeille ne pouvait aspirer le nectar.

Cette dernière devait alors intensifier ses recherches pour trouver la bonne fleur. De quoi s'épuiser dans son voyage. D'autant plus que, faute de nourriture, l'abeille n'avait pas assez d'énergie. Et risquait de mettre un terme plus rapide à sa courte vie, quarante-cinq jours pour une ouvrière.

Faute de provisions en miel, c'est la survie même de la ruche pour l'été prochain qui est en jeu. « Une ruche doit comporter au minimum 15 000 abeilles à la fin de l'hiver pour continuer d'exister », prévient Léon Darcourt.

Ce qui n'est pas forcément gagné. Il va falloir nourrir tout ce petit monde à l'intérieur de la ruche. « En substitution au miel, on prépare un mélange d'eau et de sucre, que l'on dépose dans le haut de la ruche », précise Francis Duwicquiet. Faute de mieux.

XAVIER DEMARLE

vos réactions

Pour réagir à cet article

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez
 

Lire aussi en Audomarois

Nos derniers dossiers

LA VOIX DU NORD

LE JOURNAL du 20/11/2008

INTEGRALITE DE LA VOIX DU NORD EN PDF

Téléchargez l’édition de votre choix