Berck-Montreuil

Fièvre catarrhale : le point de vue des vétérinaires

vendredi 07.09.2007, 10:10
Fièvre catarrhale : le point de vue des vétérinaires Si les vaches sont placées en prairie, cela augmente les risques. PHOTO "LA VOIX".

Depuis la mi-août et la découverte du cas de La Thieuloye (lire nos précédentes éditions), les vétérinaires exerçant dans le Ternois sillonnent les exploitations agricoles pour rassurer, conseiller et avertir les éleveurs.

Sur son bureau, ce vétérinaire ternésien (celui-ci souhaite garder l'anonymat, ndlr) a posé quatre petites fioles. « Ce sont des prises de sang que nous venons d'effectuer sur une bête d'une dizaine de mois, confie ce professionnel. Il y a de grandes chances que ce soit le virus de la fièvre catarrhale. La bête que j'ai vue avait les principaux symptômes. Pour l'instant, sur les multiples cas de suspicions que nous venons d'effectuer, il y a en a deux qui se sont révélés positifs : un mouton à Sars-le-Bois et une vache à Barly (l'entretien a eu lieu samedi dernier, ndlr). »

Depuis une semaine, tout le Pas-de-Calais est en zone interdite. Résultat des courses : les éleveurs doivent se soumettre à des règles sanitaires très strictes. « Il faut désinfecter les animaux surtout ceux qui sont en prairie. Il faut le faire avec des produits agréés, des désinsectisants à base de pyréthirinoïdes. Il est préférable d'utiliser un insecticide qui a un effet répulsif et létal. » Ces insecticides sont soumis à une prescription. Le traitement doit être inscrit par l'éleveur dans son registre d'élevage. Il conservera l'ordonnance car la sortie des ruminants pour des élevages situés en zone réglementée est subordonnée à une désinsectisation démarrée au moins 28 jours avant le prélèvement sanguin en vue du dépistage sérologique préalable à cette sortie. « Le mieux, poursuit ce vétérinaire du Ternois, c'est de désinsectiser toutes les six semaines. » Le coût de cette opération est estimé entre un et deux euros par vache, à la charge de l'éleveur...

Pour protéger au maximum les bêtes, il faut les placer dans les étables. « La plupart des cas que nous avons traités concernaient des animaux placés dans les pâtures, le long des bois ou des haies. » La profusion de cette maladie inquiète les professionnels. « L'an passé, nous n'avons pas été embêtés mais depuis la découverte du cas de La Thieuloye, on remarque qu'il y a une augmentation des appels. Dès que l'éleveur remarque un comportement bizarre de son animal, il doit nous prévenir. S'il est isolé, ce n'est pas bon signe. Ce n'est pas dans l'intérêt de l'éleveur de ne pas nous révéler un cas. De toute façon, ça ne change rien pour lui. » En cas de doute, une prise de sang est effectuée. Elle est ensuite envoyée dans un des deux laboratoires français spécialisés dans la détection. « Il faut attendre une petite semaine pour avoir le résultat. » •

BENJAMIN DUBRULLE
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