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Calais : les caissières de Carrefour se lèvent pour sauver leurs salaires

samedi 02.02.2008, 10:07
Calais : les caissières de Carrefour se lèvent pour sauver leurs salaires Hier, à Carrefour Mi Voix (notre photo), comme à Cité Europe, les employés ont réclamé une hausse des salaires

Hier, à l'appel lancé à l'unisson par les syndicats, les caissières de Carrefour Mi-Voix et Cité Europe, soutenues par des employés, ont quitté leur fauteuil pour dénoncer leurs faibles salaires dans les galeries marchandes. La grève, largement suivie à Carrefour, n'a pas eu d'écho pas dans les autres grandes surfaces de Calais.

Des chemises blanches contre des blouses bleues. Derrière les caisses ouvertes des Carrefour Mi-Voix et Coquelles, des messieurs cravatés en chemise amidonnée passent les articles des clients sur le tapis roulant. Hier matin, «  Les chemises blanches », comprenez les chefs de rayon, ont remplacé au pied levé les caissières. «  Ils voient que ce n'est pas un boulot facile », commente l'une d'elles. Les clients qui poussent leur caddie® leur adressent un sourire. En guise de solidarité.

90 % des hôtesses en grève
Dans la galerie marchande, postés devant l'entrée du supermarché, les grévistes agitent des drapeaux Force ouvrière, CFDT et CFTC. Les «  camarades » de Tesco soutiennent l'action à leurs côtés. À Coquelles, qui compte 350 salariés, les syndicats estiment à «  70 % » le taux de grévistes. « Près de 90 % chez les hôtesses de caisse  », assure FO. À Mi-Voix, 220 employés, ils étaient entre 70 et 80 grévistes à planter le piquet de grève. Dans la grande distribution, secteur privé ô combien concurrentiel, les grèves sont rares. La dernière, moins suivie, remonte à trois ans. On y défendait le lundi de Pentecôte.

«  Ce jour est historique pour les employés de la grande distribution, car c'est la première fois que tous les syndicats se joignent pour un seul but : nos salaires », scande Ingrid Petit, hôtesse de caisse à Carrefour Cité Europe et déléguée syndicale FO.

« 5 % de hausse minimum »
Du côté de la direction, on prend cela avec philosophie. Olivier Viron, directeur de Carrefour Mi-Voix compare le mouvement à un « carnaval », qui n'a « heureusement  » pas gêné les clients. « C'est l'essentiel  », se réjouit-il. « La ligne de caisse fonctionne normalement. Nos managers sont préparés en amont. Dommage qu'on ait été prévenu un peu tard », déplore le directeur.

Gilles Vasseur de la CGT à Mi-Voix prévient : « 2 % d'augmentation, c'est rien. On réclame 5 % minimum. On attend les paritaires début mars. Si on n'obtient pas gain de cause, ça va se durcir. On est uni et pour longtemps. » •

ARIANE DELEPIERRE

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