DÉBAT PUBLIC
Terminal méthanier : le projet est loin de faire l'unanimité
mercredi 12.12.2007, 12:38Après deux mois d'échanges, la dernière réunion publique sur le projet de terminal méthanier s'est tenue devant près de 400 personnes. Objectif : dresser le bilan de la réflexion menée par les maîtres d'ouvrage (EDF et le Port autonome) et la population. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les uns et les autres ne sont toujours pas sur la même longueur d'onde...
Dix-neuf : voilà le nombre d'institutions et d'associations qui se sont exprimées au cours du débat sur le terminal méthanier, via un « cahier d'acteurs ». D'un côté, il y a les « pour », qui privilégient notamment une implantation au Clipon, à Loon-Plage, plutôt qu'aux Huttes, à Gravelines. Parmi eux, EDF et le Port autonome, les dockers (CSOPMI), la chambre de commerce et d'industrie (CCID), la communauté urbaine (CUD) et le conseil général du Nord. « Nous nous appuierons sur le savoir-faire local, a insisté Dominique Venet, directeur de la branche gaz d'EDF, en évoquant les retombées économiques du projet. 40 % des entreprises de maintenance de la région sont à Dunkerque, elles devront se montrer au moment des appels d'offre ».
Et d'enchaîner sur l'engagement social d'EDF, qui consisterait à recruter de la main-d'oeuvre locale, notamment des chômeurs de longue durée. « Pour la période du chantier, nous mettrons en place un programme de formation adéquat pour préparer cette main-d'oeuvre locale », a ajouté Dominique Venet. Les préoccupations liées aux risques et aux activités de loisirs ? « Si nous maintenons le projet, nous poursuivrons le dialogue et proposerons des compensations », a affirmé le directeur gaz d'EDF.
Voilà pour les « pour ». Les opposants au projet ? Parmi eux, on retrouve l'ADELFA, les Verts, la CLCV (confédération du logement et du cadre de vie), les associations de défense de la nature et les amateurs de certains sports nautiques. Leurs préoccupations (lire aussi les réactions ci-dessous) : la protection de la faune et de la flore, la prévention des risques liés à l'implantation d'un quatorzième site Seveso et la compatibilité du projet avec les activités de loisirs (pêche, randonnée, planche à voile, kite-surf...).
« La commission particulière de débat public que je préside ne décide ni ne juge de rien. Elle donne un climat d'acceptabilité du projet à la commission nationale du débat public », répond Pierre-Frédéric Ténière-Buchot. Plus concrètement, la commission particulière établira dans un délai d'un mois « le compte-rendu impartial des échanges », qui sera rendu public. Ensuite, sur la base du bilan dressé par la commission nationale du débat public, les maîtres d'ouvrage feront connaître au public, sous un délai de deux mois (normalement en avril), leur décision de poursuivre ou non le projet. Si celui-ci est validé, une enquête publique sera lancée afin d'étudier ses conditions de développement.


