ACCIDENT INDUSTRIEL
Incendie à Polimeri : un blessé et beaucoup de mécontents
jeudi 20.03.2008, 11:34Une fuite d'éthylène s'est déclarée, hier à 4 h 45, sur une installation de l'usine Polimeri Europa. Le gaz s'est enflammé, l'incident a dégénéré en incendie. Un salarié a été légèrement brûlé. Le drame n'est pas passé loin. Il y a un mois, une fuite d'huile avait déclenché une procédure d'alerte. Les habitants de Mardyck, qui vivent au pied de cette usine classée Seveso (seuil haut), encerclés à leur réveil par la police, sans aucune information, réclament avec véhémence plus de transparence.
Les sirènes incendie ont résonné hier matin à 4 h 45, à Polimeri Europa. De l'éthylène, gaz inflammable présent dans le processus d'exploitation du site pétrochimique, s'est échappé d'une installation et a pris feu. Un salarié de l'usine a été brûlé aux jambes. « Transporté au centre hospitalier de Dunkerque, son état ne présente pas de gravité particulière », précise la direction du site.
Aussitôt l'incident détecté, un POI (plan d'opération interne) a été déclenché. Une cellule de crise s'est formée.
Trois heures de lutte contre les flammes
Les sapeurs-pompiers des casernes environnantes ont été sollicités, notamment les soldats du feu de Fort-Mardyck, spécialisés dans les risques chimiques et équipés en conséquence.
Malgré les secours extérieurs et le dispositif interne (quatre canons à eau et des couronnes d'arrosage), il aura fallu presque une heure pour maîtriser les flammes, et attendre encore deux heures et demie pour arriver à l'extinction totale de l'incendie et lever le POI, admet la direction de l'entreprise.
Polimeri assure que l'impact sur l'environnement demeure négligeable. « L'éthylène ne contient pas de substances toxiques », explique-t-on. Quand à la torche qui a fonctionné à plein régime, dégageant un panache de fumée noire visible à plusieurs kilomètres de distance, « c'est une conséquence indirecte de l'incendie, un peu comme une soupape de sécurité. Nous brûlons du gaz pour limiter les facteurs de risque. la fumée noire n'est pas toxique. il s'agit de noir de carbone », veut rassurer le directeur des opérations.
L'inspection du travail, la DRIRE et la police judiciaire ont commencé, hier, leurs investigations. Il s'agira de déterminer si l'incendie est dû à une erreur humaine ou un défaut sur les installations. Polimeri précise d'emblée que les événements ne sont pas à mettre en relation avec la fuite d'huile du 12 février qui a nécessité l'arrêt des installations. « D'ailleurs, l'usine tournait normalement depuis une dizaine de jours ».
Reste que pour les Mardyckois, cantonnés dès l'aube sur la commune, bouclée par la police, sans information sur les événements et leur exposition aux risques, c'est l'incendie de trop.


