AGRICULTURE (2/2)
Denis Bollengier, vice-président de la FDSEA : « Je suis très pessimiste sur le devenir de l'agriculture en 2009 »
samedi 03.01.2009, 04:45Après avoir procédé à une analyse des sujets d'inquiétude sur les cours des matières premières (voir notre édition d'hier), Denis Bollengier, vice-président de la FDSEA (fédération des syndicats d'exploitants agricoles) fait part de son pessimisme quant aux revenus des agriculteurs en 2009 et annonce dans certains secteurs une perte de l'ordre de 25 % pouvant atteindre 50 % si les aides européennes sont retirées.
De nature généralement optimiste, Denis Bollengier se sent gagné par la morosité et se déclare inquiet sur « la tournure de l'agriculture dans la région Nord - Pas-de-Calais ». « Depuis très longtemps, la profession n'avait pas connu une hausse aussi spectaculaire des charges, de l'ordre de 200 à 250 E l'hectare », précise le responsable syndical. Tous les secteurs de l'agriculture seront touchés. Ainsi au cours du premier semestre de cette année, les ressources des producteurs laitiers connaîtront une perte de 15 %, laquelle s'ajoute aux 10 % envolés en 2008. Il poursuit son analyse avec un chiffre, émanant de la chambre d'agriculture dont il est membre : le revenu moyen annuel d'un exploitant agricole du Nord est de 16 000 E.
Durant l'année, les aides européennes de la PAC (politique agricole commune) devraient diminuer de 25 à 50 % entraînant « une baisse des revenus d'autant, sauf à espérer une hausse tout à fait improbable du cours de nos produits, ce qui serait une maigre compensation », ajoute-t-il.
Lorsqu'il évoque la PAC, il se déclare consterné par la réorientation des aides communautaires : « Elles diminueront de 25 % pour les agriculteurs situés dans les départements au Nord de Paris. Nous sommes donc directement concernés et nos trésoreries en souffriront ».
Le comportement de Michel Barnier, leur ministre de tutelle est jugé décevant : « Il existe un décalage important entre le discours ministériel et la réalité du terrain. Michel Barnier utilise des chiffres de 2007, année qui a connu un réajustement de nos prix mais depuis la crise est passée avec ses effets négatifs. Ceux-ci ne sont pas pris en compte ».
Contraintes environnementales
Poursuivant son tour d'horizon, le leader syndical renchérit : « Les contraintes environnementales ont une incidence sur nos coûts de production. Nous sommes conscients qu'il faut adopter un comportement plus responsable pour s'engager dans le développement durable. Nous avons fourni des efforts importants ceux-ci doivent s'opérer dans les limites du raisonnable et être agronomiquement réalisables ».
La période est propice aux voeux, il termine par une note d'espoir teintée d'avertissement : « Je souhaite que les paramètres économiques se redressent rapidement permettant de sauver nos entreprises, les emplois qu'elles génèrent faute de quoi nous pourrions revoir certains débordements de désespoir ».
