Nauder France va être liquidé et vingt-six salariés licenciés
jeudi 10.05.2007, 08:12Le tribunal de commerce de Nanterre vient de placer Nauder France en liquidation judiciaire. Le site hazebrouckois de la rue du Milieu, qui comptait encore vingt-six salariés, va disparaître. Dans l'entreprise, si la fin de l'histoire était prévisible, sa « brutalité » a choqué.
La page d'accueil du site Internet de Nauder France indique « en construction ». Cynique alors que le tribunal de commerce de Nanterre vient de sonner le glas de la société. À force de rapetisser, l'entreprise s'apprête à disparaître corps et bien. Et ses soixante-trois employés en Flandre intérieure, à Genneviliers (Hauts-de-Seine), à Fos-sur-Mer et à Pont-sur-Yonne avec.
À Hazebrouck, la décision prise par les juges le 3 mai n'est pas une suprise. Au cours des derniers mois (lire ci-contre) et dans un passé moins proche, les retards de paiement et les difficultés de trésorerie avaient émaillé la vie cahoteuse de l'usine de fabrication et de vente de centrales de lubrification destinées à l'industrie.
À l'usage, depuis le rachat par le groupe espagnol R.A.B. en décembre 2006, les Hazebrouckois avaient appris à vivre avec : « On est dans le Nord, les gens sont assez calmes, ils sont attachés à leur travail. Ils sont dans l'usine, il n'y plus de commandes à honorer, et ils recevront leur lettre de licenciement d'ici au 18 mai. Pour autant, la brutalité de la nouvelle nous a surpris », confie un cadre. Il ajoute : « Ici, la moyenne d'âge est de 47 ans.
Le licenciement de beaucoup va conduire à des situations très difficiles et vite, vu que le salaire d'avril n'a pas été versé. » Pour Martine Berthé, secrétaire du comité d'entreprise (CE) à Gennevilliers, la donne était réversible si la stratégie du groupe avait été revue en amont : « En septembre, le CE a déclenché une procédure de droit d'alerte. Nous n'avons pas été écoutés. » Aujourd'hui, les salariés n'ont plus personne à qui s'adresser. En effet, Nauder France avance sans directeur général depuis le départ à la retraite de Michèle François fin mars. « Nous avons demandé la tenue d'un CE extraordinaire. La réponse a été un silence assourdissant. », poursuit Martine Berthé. R.A.B. consulting, qui brillait par son absence le 3 mai au tribunal, semble décidément ne pas faire grand cas de feu Nauder.
> Hier, malgré plusieurs appels au siège de Nauder France, nous n'avons pu joindre la direction financière.




