ÉCONOMIE
Les cafés rando, un label qui marche de mieux en mieux
dimanche 20.04.2008, 11:25 Entrer dans un café de la boue plein les pieds peut être gênant. Que les randonneurs se rassurent, les cafés rando les accueillent sans problèmes et même avec plaisir. Les trente-deux établissements du réseau créé en 2006 ont été labellisés exprès.
PAR CÉCILE DESCAMPIAUX
hazebrouck@lavoixdunord.fr Installée depuis sept ans au café Marcel de Buysscheure, Isabelle Wylleman connaît les chemins et les curiosités alentour comme sa poche. « Pour aller dans le marais en partant d'ici, il faut traverser la rivière avec le bac, en tirant sur une chaîne », raconte-t-elle amusée. Plutôt envie d'emprunter un chemin de randonnée le long de l'Yser ? Pas de problème. Parcours, durées et commodités en tête, ses explications sont au moins aussi riches que celles figurant sur le panneau d'en face. Les randonneurs venaient chez elle bien avant qu'elle ne fasse partie du réseau cafés rando (lire ci-dessous). Si elle a accepté d'adhérer, c'est qu'on est venu la chercher, en 2006 et qu'elle a trouvé l'idée séduisante. Et puis, « il y a un petit plus quand même, avec les plaquettes. »
Un bol de soupe
À quelques kilomètres, Thérèse Loovoet, au café de la Mairie de Rubrouck, avoue que le réseau lui amène une clientèle supplémentaire non négligeable. « Ça permet d'avoir un peu plus de monde le dimanche. Il n'y plus personne dans les cafés depuis qu'il n'y a plus de messe. Et les joueurs de carte se font de plus en plus rares. » Les pieds sales, pleins de boue, ça ne la « dérange pas. Et puis, les randonneurs sont faciles à servir ». Même quand ils veulent de la soupe. Prévenante, la tenancière en a toujours quelques bols en réserve. Le potage avalé, Thérèse Loovoet peut emmener tout ce petit monde visiter la yourte mongole qui trône dans son jardin.
À la Pomme d'or, on ne trouve pas de yourte, mais bientôt des sandwiches à emporter. Emmanuelle Kieken, d'Arnèke, a installé la plaque cafés rando dans sa vitrine depuis sept mois. « Les randonneurs se donnent rendez-vous ici pour le départ. Quand ils reviennent, ils se posent là pour manger.
» Une des originalités des établissements du réseau est en effet de permettre aux randonneurs de sortir leur déjeuner de leur sac, à la seule condition de consommer une boisson. « On avait déjà des randonneurs, mais plutôt des individuels. Là, on a des groupes. En campagne, c'est pas toujours facile... », continue Manu.
Malgré des retombées encore minces, Agnès Lohez ne regrette pas les 40 E d'adhésion. « Il s'agit d'amener un petit plus dans nos villages », indique-t-elle. À Noordpeene, dans son auberge de la Peene, elle peut même accueillir les cavaliers. « C'était brasserie avant, il y a des anneaux pour accrocher les chevaux. Mais la plupart des randonneurs sont à pied. » Et comme ailleurs, il s'agit surtout de personnes âgées. Pour le moment ?


