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La faillite de Boulogne Hub Terminal (BHT), le dernier opérateur, sonne le glas d'un port de commerce déjà moribond
mercredi 13.04.2011, 05:06
Les grilles du port de commerce ne protègent plus grand chose. PHOTO GUY DROLLETLe silo à clinker a disparu du paysage (lire ci-dessous), le quai de l'Europe est vide, tout comme de nombreux hangars. En face la passerelle du hub-port s'ennuie. C'est plutôt triste. Il reste cependant encore un peu d'activité puisque des entrepôts sont utilisés par Cotrama pour exporter (via Calais) les eaux minérales de Danone vers la Grande-Bretagne.
Le port de commerce de Boulogne-sur-Mer n'est plus que l'ombre de lui-même. Il est peut-être déjà mort. Car hier après-midi, le tribunal de commerce a prononcé la liquidation de BHT (Boulogne Hub Terminal), le dernier opérateur portuaire. C'est lui qui faisait encore venir des cargos à Boulogne. C'est fini. L'entreprise, qui emploie huit personnes, en cessation de paiement, préfère jeter l'éponge. Deux chargements de pierres à chaux à l'export et un chargement de sel à l'import auront été en février les derniers trafics.
L'opérateur BHT avait déjà fortement tangué il y a trois ans. Il s'appelait alors Boulogne Forest Terminal (BFT) et avait été placé en liquidation judicaire. Neuf salariés avaient été licenciés et une offre de reprise par Boulogne Hub Terminal avait obtenu le feu vert du tribunal de commerce.
L'actionnaire principal était la société Hub Port Boulogne-sur-Mer, associée à des transporteurs. À l'été 2008, cette reprise s'inscrivait dans des espoirs de développement du port autour du hub port flambant neuf et de sa nouvelle passerelle. Mais la crise est passée par là, LD Lines a quitté Boulogne et les nouveaux trafics espérés se sont envolés.
Parallèlement, les chambres de commerce du littoral ont fusionné. Il semble que la nouvelle entité ait fait une croix sur le port de commerce. En début d'année, le nouveau plan du port comportait la mention « port de commerce » suivie d'un point d'interrogation. Mauvais augure.
Maintenant que le dernier opérateur a mis la clef sous la porte, on s'interroge sur le devenir des courtiers maritimes et lamaneurs boulonnais. Seront-ils aidés en attendant une meilleure conjoncture ? S'ils venaient eux aussi à disparaître, le port de commerce serait définitivement dans les abysses.
FRÉDÉRIC VAILLANT


