IMMOBILIER
Les agences immobilières confrontées à la crise
mercredi 10.12.2008, 09:39Les transactions se raréfient dans les agences immobilières. Les vendeurs baissent les prix quand ils ne retirent pas leurs biens. Les acquéreurs jouent sur les négociations. Un marasme dont doivent s'extirper les agences. Le point dans le Boulonnais.
> La crise.- Moins de ventes, moins de transactions, moins d'acquéreurs,... les agences immobilières sont entrées dans la crise. « On commence à la sentir alors qu'on nous l'annonce depuis dix-huit mois », réctifie Rémy Dupire, directeur de l'agence des 3 vallées à Montreuil. Un « on » que dénonce les professionnels du secteur en pointant du doigt les médias. Car le « matraquage » (ou la « pollution ») médiatique a conduit à des débordements des acheteurs potentiels. « On annonce moins 30, moins 35 %, explique un directeur d'agence de la rue Saint-Jean, au Touquet. Et c'est vrai... sur les volumes de vente. Mais les acquéreurs pensent que ces pourcentages s'appliquent aux prix. »
> Le comportement des acquéreurs.- Aussi, l'attitude des intéressés a changé. « Ils n'hésitent pas à proposer moins 40 %, parfois même sans visiter. Ce n'est pas possible », confirme Rémy Dupire. Notre agent du Touquet reprend : « On a toujours connu des négociations : avant la crise on allait jusqu'à moins 6 ou 7 %. Aujourd'hui, on accepte jusqu'à moins 12 %, pas au-delà. »
> Les vendeurs.- Côté vendeurs, les attitudes diffèrent. « Ils vendent pour des milliers de raisons et n'attendent pas la crise pour vendre », affirme Marie Wilmot, responsable d'une des agences ORPI, au Touquet. Certains se retirent de la vente et attendent des jours meilleurs. D'autres choisissent de baisser le prix de vente de leur bien.
> Baisse des prix ?- « Il y a encore deux ans, il y avait une pénurie de biens et les acheteurs payaient plein pot, voire plus, continue Marie Wilmot. Aujourd'hui, les acquéreurs ont l'embarras du choix mais les prix restent stables. »
> Les problèmes des agences.- Faute de transactions, certaines agences ferment, d'autres licencient mais impossible de se le faire confirmer par des responsables.
> Les prêts.- La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a annoncé toute une série de mesures concernant le logement. On retient le doublement du prêt à taux zéro pour l'achat d'un logement neuf... « Avant que les banques refusent des prêts, il faut déjà des acquéreurs », rappelle Éric Légevin, directeur de six agences MSI (au Touquet, Merlimont, Stella, Montreuil et Sainte-Cécile). Selon les professionnels, les critères d'attribution se sont resserrés et il est moins facile d'obtenir un prêt. « « Et il n'y en a pas beaucoup des banques qui font des prêts à taux zéro », glisse l'employée d'une agence étaploise.
> Positive attitude ?- Les agents immobiliers gardent le moral. « Ce n'est qu'une tempête à passer, il faut positiver », insiste Éric Légevin. Présent sur tout le territoire, il constate que « le marché des résidences principales est toujours porteur. Celui des résidences secondaires est plus touché (lire ci-contre). »

