WORLD FORUM LILLE 2011
L'Afrique sur la voie de la RSE
jeudi 17.11.2011, 05:14
Thierry Téné, cofondateur de l'Institut Afrique RSE.Et si la responsabilité sociale et environnementale des entreprises était aussi africaine ? Thierry Téné, cofondateur de l'Institut Afrique RSE, en est convaincu.
« C'est un continent où les problématiques sociales et environnementales sont très fortes. L'Afrique génère 3,8 % des émissions de CO2, mais elle subit le changement climatique. Cette évolution a notamment un impact économique, sur les terres arables par exemple. Dans le domaine social, c'est un continent de plus d'un milliard d'habitants avec une population très jeune pour laquelle l'insertion professionnelle sera déterminante. Le printemps arabe a donné quelques indications sur les aspirations des jeunes. »
Déjà, des entreprises africaines sont particulièrement investies dans la RSE, comme Biotropica qui propose des produits bio depuis 1988 et rencontre un tel succès qu'elle n'arrive pas à répondre à la demande. « La RSE est un véritable relais de croissance, une vraie manière de gagner en compétitivité. Trop d'entreprises en Afrique la voient encore comme un principe philanthropique et déconnectent cette démarche dans une fondation à laquelle ils attribuent des fonds. »
Et puis il y a celles, majoritaires, qui ne se sont pas encore lancées. Selon une enquête menée auprès des dirigeants africains, c'est le manque de politique publique incitative qui représente le frein principal au développement de la RSE. Viennent ensuite l'absence de ressources humaines compétentes, le manque de reconnaissance, l'absence d'avantage compétitif. Le coût des projets n'arrive qu'en cinquième position.
Adaptation au contexte
Un forum des pionniers de la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique a été organisé la semaine dernière. « La participation des sociétés africaines montre que les cadres et les dirigeants africains sont de plus en plus sensibilisés à ces questions. » Une charte a été élaborée et un nouveau forum est programmé dès l'année prochaine à Casablanca au Maroc. « L'idée, c'est de fédérer l'énergie africaine et de mettre en place une structure dans laquelle on puisse réfléchir à l'adaptation de la RSE au contexte africain. »

