SALON CRÉER
Mon bébé entreprise est beau, il ne demande qu'à grandir
jeudi 11.09.2008, 04:52
Hélène, Stéphanie, Thibault, Grégoire, Benjamin... Autant d'étapes différentes de la création. PHOTOS ALEXIS CHRISTIAEN.Créer, faire naître, accoucher de son entreprise... Entreprendre est bien une affaire de gestation. En trois étapes, vécues et partagées par bien des visiteurs du salon Créer qui a fermé ses portes hier soir.
>> Reportages, interviews vidéo : retrouvez notre dossier spécial Créer 2008
> Avant la création, il y a l'envie, mais parfois pas d'idée... - Paradoxalement, des idées, Stéphanie Riquet en a trop, qu'elle n'arrive pas à canaliser. À 33 ans, cette jeune maman de deux enfants a décidé d'arrêter son travail dans la communication, « pour réaliser un rêve d'indépendance » et faire « son propre truc ». Mais quoi ?
Jusqu'au jour où le chemin de Stéphanie croise celui de Didier Gest et de son association Audace. Un « campus du futur créateur » unique en France où, justement, on aide à définir son projet de vie, à lui donner consistance. En octobre, Stéphanie va rejoindre le cycle de formation d'Audace. Trois mois dans cette « école préparatoire » du futur créateur. « Je suis encore dans un tunnel, mais je sais qu'au bout, il y a la lumière. » Bonne chance...
> Pendant la gestation, comment accoucher sans douleur ? - Ils sont des milliers comme Nicolas Torrez à avoir foulé les allées du salon Créer en quête de réponses. À 28 ans, ce Lillois travail-lant dans le bâtiment veut créer son magasin d'hydroponie (du matériel horticole pour élever les plantes dans l'eau). « J'ai déniché une franchise, mais je n'ai pas d'argent. » Son banquier lui a dit d'aller au salon Créer. Là, on l'a orienté vers la boutique de gestion Espace. L'un des multiples organismes qui accompagnent les porteurs de projet dans leur phase d'évaluation.
Christophe Bevilacqua, lui, a déjà dépassé cette étape. Pendant son master en création d'entreprises à l'École supérieure de commerce de Lille, il a monté son projet City Tak de signalétique adaptée pour voyants et non-voyants. « J'ai pu faire naître mon projet au sein de l'incubateur des grandes écoles GENI. J'ai bénéficié du laboratoire de l'École centrale, du réseau de l'incubateur et du soutien d'Oseo pour mes études de marché . » Vingt-quatre mois d'incubation, qui permettent maintenant à City Tak de voler de ses propres ailes et de rejoindre en janvier la ruche technologique d'Hellemmes. L'une des neuf ruches du Nord (on les appelle « pépinières » dans le Pas-de-Calais), berceau d'accueil des jeunes entreprises en phase de démarrage.
Démarrer... Thibault Leroy, Grégoire Cappelle et Benjamin Deletoille sont également prêts, mais... Ingénieurs ICAM, lauréats du concours CréaSup, primés au salon Créer 2007, les trois jeunes gens ont pour projet d'ouvrir une société d'importation de maisons modulaires tridimensionnelles à structure bois. Un mode d'habitation innovant venu du Danemark. « En un an, nous avons rencontré tous les réseaux, Entreprendre Nord, Nord Création, etc., bouclé notre plan de financement avec les banques, validé notre projet avec les experts. » Seul hic : impossible de trouver une compagnie d'assurance qui veuille assurer de jeunes créateurs avec un projet innovant dans le bâtiment, pour raison de garanties décennales. « Si ça se trouve, nous allons devoir nous installer en Belgique... » La création n'est pas toujours un long fleuve tranquille...
> Mon bébé grandit, mais il a toujours besoin de soutien. - Hélène Lejeune a créé Enaco, une école de commerce à distance, en 2006. « J'ai investi personnellement, j'ai fait appel à des prêts d'honneur, et j'ai bien sûr sollicité les banques . » Au bout d'un an, l'école s'est déjà bien développée, avec dix-huit salariés et mille étudiants. « En se développant, on a besoin de fonds de roulement supplémentaires. » Difficile de se tourner à nouveau vers les banques. Hélène Lejeune décide donc de faire appel aux sociétés de capital investissement et au réseau des « business angel ». « Faire entrer un nouvel investisseur dans le capital de son entreprise fait toujours un peu peur au début. Il faut trouver le bon partenaire. » Celui-ci sera Nord Création (du groupe IRD). « Grâce à eux, j'ai pu accélérer mon développement et continuer à innover. » Car après la création, il faut encore continuer à bâtir...

