INTÉRIM
Dunkerque : premiers effets de la crise dans les boîtes d'intérim
vendredi 07.11.2008, 11:56Plus d'une vingtaine d'agences composent le paysage du travail temporaire à Dunkerque. Alors qu'ArcelorMittal, gros client, est en arrêt partiel, quelle est l'ambiance dans les boîtes d'intérim ?
Ambiance.- En temps de crise, les grosses agences ne communiquent pas. Chez Adecco, Manpower et Adia, la direction a envoyé un courrier officiel aux agences : interdiction totale de communiquer. Cette enquête a donc été réalisée sans eux.
La crise : quelles conséquences ?- Même si certaines agences comptabilisent plus d'intérimaires en activité par rapport à la même période l'année dernière, elles sont rares. Pour les autres, la baisse d'activité est de 20, 30, voire 50 %. Depuis quinze jours le téléphone sonne moins. « La crise était prévisible, on n'a pas connu de gros pics d'activité depuis le début de l'année », constate une commerciale d'une grosse agence de travail temporaire. « L'intérim coûte cher dans une société et quand il y a des problèmes, c'est logiquement le premier pôle qu'on arrête », explique Audrey Pépin de Leader intérim. Presque tous s'accordent à Dunkerque pour dire que les premiers effets de la crise se sont fait sentir il y a une quinzaine de jours. Comment ? Des contrats qui arrivent à terme et qui ne sont pas renouvelés. « Chez nous, ça a été flagrant, le vendredi c'est normalement le jour de prolongation des contrats et là, ça n'a pas été le cas. » Côté intérimaires : « De plus en plus de personnes qualifiées de type maçon, chaudronnier se présentent chez nous parce qu'ils n'ont plus de contrat. D'habitude, ces profils sont rares, en ce moment, on n'arrive pas à les placer », remarque-t-on chez Norton et ailleurs.
Les agences les plus touchées.- Certaines agences, généralistes le plus souvent, relativisent ces effets. « Nous avons d'autres activités pour équilibrer ». « Nous travaillons essentiellement avec des PME et pour le moment, l'activité se maintient. » Audrey Pépin, de Leader intérim, remarque : « La crise, on la ressent surtout dans la parole des gens. » En revanche, les agences spécialisées, dans l'industrie notamment, souffrent des arrêts chez Arcelor. À long terme, cette crise va avoir pour conséquence de limiter les longs contrats : « Les clients ne prendront pas de risque. » Chez Norton, « on reçoit même des Calaisiens, parce qu'ils ne trouvent plus de boulot chez eux ». Un constat partagé dans une autre agence, qui affirme même « recevoir des coups de fil de personnes qui ne sont pas de la région ».
Toutefois, aucune agence ne semble inquiète au point d'envisager une fermeture éventuelle, même les plus petites et les plus récentes. Les secteurs les plus touchés : l'industrie, en tête, suivie du bâtiment. Le tertiaire, l'agroalimentaire et le nucléaire semblent pour le moment épargnés.
La crise : comment la gérer ?- Tous dehors est le nouveau mot d'ordre. Comprendre, être présent sur le terrain, chez les anciens clients mais aussi chez de potentiels nouveaux. Une politique plus offensive donc. Mais attention aux dérapages : « Si on vient me piquer mes clients je réagirai », prévient un chef d'agence. Les agences vont profiter du calme pour mettre à jour leurs fichiers, faire du recrutement. « On sera prêt pour la reprise. » Le placement - quand les agences se substituent à l'ANPE - devrait être valorisé. Et pour les intérimaires ? « Nous allons les encourager à se former », explique-t-on chez DLSI. Les agences vont être aussi plus vigilantes vis-à-vis de leurs clients. « On ne résistera pas forcément à un impayé. » Un peu comme dans l'immobilier, certains espèrent que la crise fera le tri. « Si on profite de la crise pour épurer, ce ne sera pas un mal. »

