CROISSANCE
Mais que devient la commission Stiglitz ?
jeudi 04.06.2009, 04:47Mais qu'est devenue la commission « Sen - Stiglitz », présidée par le prix Nobel d'économie, et chargée de mener une réflexion sur la mesure de la croissance ? Le rapport devait à l'origine être rendu en avril. Ce sera sans doute pour début juillet.
Le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy engageait deux prix Nobel, l'Américain Joseph Stiglitz et l'Indien Amartya Sen, dans le cadre de sa fameuse « politique de civilisation ». Composée de vingt-cinq personnes, dont le Lillois Jean Gadrey et cinq autres prix Nobel, la commission « Sen - Stiglitz » devait réfléchir à de nouveaux indicateurs de croissance et de progrès économiques et sociaux.
Mais, depuis un an, silence radio. Au point que certains se sont interrogés sur le devenir de cette commission. En début de semaine dernière, l'un des membres de la commission, Jean-Paul Fitoussi, directeur de l'OFCE (Office français des conjonctures économiques), a annoncé que la commission rendrait ses conclusions au chef de l'État « début juillet ». Les travaux se concentrent sur une révision du système de comptabilité nationale, afin qu'il prenne davantage en compte les inégalités économiques.
« Des propositions visant la qualité de vie »
Pour Jean Gadrey, ce rapport devrait faire « des propositions visant à compléter le PIB (produit intérieur brut) par des mesures plus satisfaisantes de l'ensemble des richesses, pas seulement monétaires. Il y aura des propositions visant à mettre en avant des indicateurs de développement durable. Il y aura des propositions visant la qualité de vie des gens, le bien-être, en matière de santé, d'éducation, de travail décent, d'inégalité et d'insécurité sociale. » À côté de la croissance du PIB, la commission proposerait ainsi de faire figurer le revenu national net, qui mesure l'ensemble des revenus perçus par les citoyens, en y intégrant des éléments pour mieux évaluer le bien-être.
Mais comme le rappelle Jean-Paul Fitoussi, les propositions de la commission n'auront de sens que si elles sont destinées à « l'ensemble des instituts nationaux de statistiques dans le monde », et pas seulement en France. Ou alors ce ne sera qu'un coup médiatique de plus...

