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Les marchés financiers en crise

L'Argentine aussi était il y a dix ans au bord du défaut...

mercredi 21.09.2011, 05:14

L'Argentine était il y a dix ans au bord du défaut de paiement, comme la Grèce aujourd'hui, mais son « modèle  » de sortie de crise est difficilement applicable au pays européen malgré des similitudes frappantes.

« Longue récession, forts déficits, chômage en hausse, parité fixe, absurdes plans de rigueur », énumère l'ancien ministre de l'Économie de l'Argentine Roberto Lavagna (2002-2005) pour étayer cette comparaison entre les deux pays.

Le père du spectaculaire rétablissement argentin, qui a permis au pays sud-américain d'enchaîner des taux de croissance « à la chinoise » voit dans la crise grecque des erreurs « très similaires » à celles commises en Argentine.

L'UE et le FMI ont mis en place en 2010 un plan de sauvetage de 110 mds d'euros de prêts sur trois ans. Les Européens ont ensuite promis, le 21 juillet, près de 160 mds d'euros supplémentaires.

Dans le cas de l'Argentine, un premier plan de sauvetage du FMI portant sur 40 mds de dollars (29,4 mds d'euros) puis un deuxième, sur 29,5 mds de dollars (21,6 mds d'euros) n'ont pas pu en 2001 empêcher la débâcle du pays.

Comme dans le cas de la Grèce qui refuse d'envisager une sortie de la zone euro, l'Argentine écartait toute dévaluation, respectant coûte que coûte une parité instaurée par la loi : 1 peso = 1 dollar.

Crise spectaculaire

Pour stopper les retraits bancaires et empêcher la chute des établissements financiers, l'Argentine gèle en décembre 2001 tous les dépôts. La mesure déclenche la plus grave crise économique et sociale de l'histoire du pays.

Une forte dévaluation est décidée : les Argentins voient leur épargne en dollars reconvertie en pesos, perdant dans l'opération 50 % du montant initial.

Le chômage dépasse en 2002 la barre de 20 % et le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté atteint 50 %.

L'Argentine, après avoir déclaré un moratoire sur sa dette, écarte toute négociation avec ses créanciers et impose ses conditions.

« Le défaut de l'Argentine a été célèbre car le pays a imposé, en restructurant sa dette, une réduction de 75 % », relève la même économiste. Surtout, « toutes les dettes en dollars ont été reconverties en pesos suivant la parité 1 dollar = 1 peso, alors qu'on dévaluait fortement le peso : l'effacement de la dette a été spectaculaire », explique-t-elle.

« Si la Grèce voulait réussir une opération similaire, elle devrait non seulement faire défaut, mais quitter l'euro, adopter de nouveau la drachme et convertir toute sa dette en euros en drachmes ».

Ces mesures ont un coût : l'Argentine est devenue un paria sur les marchés. Elle s'en passe grâce au boom des matières premières.

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