TAXE TOBIN
D'où vient l'idée d'une telle mesure, à quoi servirait-elle ?
lundi 09.01.2012, 05:12
L'Amérique ne veut pas d'une telle mesure. PHOTO AFPL'idée, lancée en 1972 par le prix Nobel d'économie américain James Tobin, consiste à appliquer un faible prélèvement (par exemple 0,01 %) sur les transactions monétaires internationales, voire sur toutes les transactions des marchés financiers (Bourse, marché obligataire, marchés dérivés...).
> À quoi sert cette taxe ?
La taxe Tobin freinerait la spéculation et donc l'instabilité sur les marchés. Les ordres d'achat ou de vente spéculatifs se caractérisent souvent par leur grand nombre, leur extrême rapidité (on achète pour revendre quelques minutes, voire quelques fractions de seconde plus tard) et leur faible marge bénéficiaire. Une taxe même très faible s'appliquant systématiquement à chaque transaction réduirait donc suffisamment le bénéfice du spéculateur pour le décourager. La taxe, de par son faible taux, ne nuirait pas, en revanche, aux investissements sur le long terme.
Selon l'idée initiale, les fonds recueillis devaient être destinés à l'aide au développement et gérés par un organisme international. La Commission européenne a suggéré qu'une taxe sur les transactions financières serve à financer le budget européen pour alléger les contributions des États membres.
> Qui est pour, qui est contre ?
Vieille revendication des altermondialistes, le principe d'une taxe sur les transactions financières est soutenu par la Commission européenne et par certains États dont la France, l'Allemagne et la Belgique.
Les banques, les opérateurs boursiers sont naturellement opposés à une telle mesure, de même que les États-Unis. La Grande-Bretagne, la Banque centrale européenne sont contre toute taxe qui ne s'appliquerait pas mondialement.
> Quels sont les arguments de ses détracteurs ?
La principale critique concerne l'extrême difficulté, voire l'impossibilité d'imposer cette taxe au niveau mondial, seul gage d'efficacité. Tout État qui l'imposerait unilatéralement serait en effet économiquement lésé, puisque les investisseurs déplaceraient immédiatement leurs activités dans les pays n'appliquant pas la taxe.

