Et pendant ce temps, les grands patrons...
mercredi 11.01.2012, 05:13
Les dirigeants du CAC 40 gagneraient en moyenne 1,26 million d'euros par an - hors stock-options. PHOTO ARCHIVES PATRICK JAMESLa baisse du pouvoir d'achat ? Pas pour eux. Les grands patrons du CAC 40 ont vu leurs salaires augmenter de 34 % entre 2006 et 2011. L'écart s'est ainsi creusé avec les salariés dont les fiches de paie ont progressé en parallèle de 13 %, selon une étude de l'agence de communication Euro RSCG C&O.
La même enquête souligne que le nombre d'emplois précaires représenteraient désormais plus d'un tiers des emplois dans les sociétés du CAC 40 (CDD, stages, temps partiels subis, emplois en dessous du niveau de qualification...). Les actionnaires ont quant à eux perdu 18 % de leur mise en Bourse entre 2006 et 2011.
Selon les données de l'Autorité des marchés financiers, les dirigeants du CAC 40 (PDG, présidents de directoire, DG...) gagneraient en moyenne 1,26 million d'euros par an. Mais ces chiffres n'incluent pas les actions et stock-options, les jetons de présence ou les rémunérations exceptionnelles qui peuvent pourtant représenter jusqu'à 70 % des revenus de ces dirigeants d'entreprises.
Code de bonne conduite
Dans un contexte économique difficile de baisse du pouvoir d'achat et de rigueur, ces salaires continuent de choquer. En 2008 déjà, face aux abus, on criait au scandale et on parlait encadrement des rémunérations. Mais peu de mesures concrètes ont finalement été mises en place. Le MEDEF a défini un « code de bonne conduite ».
Un décret a interdit aux entreprises publiques et celles aidées par l'État de distribuer des stock-options jusqu'en 2010. Dans la loi de finances de 2012, le gouvernement a instauré une taxe supplémentaire sur les très hauts revenus (3 % au-delà de 250 000 euros par an et 4 % à partir de 500 000, jusqu'à ce que les finances publiques soient à l'équilibre). Et même si le G 20 a établi des règles d'encadrement des bonus bancaires en 2010, les rémunérations dans ce secteur en France ont augmenté de 44,8 %, selon une étude du cabinet Alpha Value.
Les actionnaires ne seront pas oubliés malgré la crise : les grandes sociétés cotées devraient verser 37,4 milliards d'euros au titre de 2011, selon les analystes du consensus FactSet, contre 40,2 milliards en 2010.

