Entre « valeur sûre » et « déclaration de guerre »
samedi 14.01.2012, 05:16
Valérie Pécresse : « La France peut rembourser sa dette. » PHOTO AFPLes réactions à la perte du triple A de la France ne se sont pas fait attendre.
Sans surprise, la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse, s'est voulue rassurante : « Aujourd'hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu. Nous ne changerons pas de cap. Notre cap, c'est le désendettement, c'est la compétitivité de la France et c'est soutenir la croissance. »
Jean-François Roubaud, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) est nettement plus inquiet : « Il est évident que ce n'est pas un signal positif et ce n'est pas ce qui va améliorer le moral de nos chefs d'entreprise et de l'économie française. On va être encore plus dans l'attentisme en ce qui concerne les investissements, les embauches, etc. »
Le candidat socialiste à l'Élysée François Hollande, s'était, avant l'annonce, bien gardé de se réjouir de la dégradation du pays : « Ça aurait des conséquences tout à fait pénibles, coûteuses, pour l'État et les Français. Le prochain président de la République aurait là un héritage lourd à prendre avec des marges de manoeuvre plus étroites encore. ».
Pour le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, « Standard &Poors déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut résister. La Banque centrale doit annoncer immédiatement qu'elle prêtera à la France à un taux très bas. faute de quoi il faut suspendre les versements français au budget de l'Union européenne et couvrir les prochaines tranches avec un emprunt forcé sur les banques françaises qui viennent d'être gavées par la BCE. »

