DETTE
La France perd son triple A un vendredi 13. Pas de chance !
samedi 14.01.2012, 05:15
La France a perdu son triple A, la meilleure note financière possible qui a été abaissée dun cran, à AA+, par lagence américaine. PHOTO EPAL'agence de notation financière Standard andPoor's a décidé de dégrader d'un cran la note de la dette à long terme de la France, de AAA à AA+. Le pays perd ainsi en crédibilité financière auprès des investisseurs sur les marchés mondialisés. Est-ce un drame ? Doit-on craindre un dommage collatéral sur le pouvoir d'achat des ménages ?
Maudit John Moody, qui lance en 1909 aux États-Unis le business de la notation, à l'époque pour donner son humble avis sur les capacités des entreprises phares de l'économie américaine à rembourser leurs dettes ! Le problème, c'est que les États souverains modernes ont remplacé les compagnies ferroviaires d'antan. Et que nous voilà bien embarrassés à devoir dépendre des avis de trois agences qui font encore la loi sur les marchés financiers en mettant en examen les politiques publiques de cent vingt nations à travers le monde (lire encadré).
Échelle alphabétique
Le précieux AAA de la France vient donc de tomber, comme prévu depuis le 5 décembre où Standard and Poor's avait déclaré mettre le pays sous « surveillance négative ». L'Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas sont épargnés, conservant la meilleure note (AAA), à l'instar dela Finlande ; la Belgique conserve pour sa part son AA, à deux crans en dessous du meilleur niveau possible, qui dans l'échelle alphabétique détermine la capacité des États à emprunter à moindre coût sur le marché de la dette.
Encore faut-il relativiser l'impact d'une telle décision. Le taux d'emprunt à dix ans varie autour de 3,5 % pour un AAA en France, alors que la Belgique emprunte autour de 5 % avec son AA. D'après Bercy, le surcoût résultant d'un taux passé de 3,5 à 5 % serait d'environ 1,5 milliard. C'est une somme, mais sans conséquence majeure sur l'équilibre des comptes du pays, même si la France doit déplorer une altération de sa réputation sur les marchés financiers. Surtout, l'abaissement de la note de la France, deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne et à ce titre deuxième contributeur des fonds de soutien aux États en difficulté financière, risque d'ébranler ces mécanismes qui peinent déjà à endiguer la propagation de la crise.
Ces informations ont fait tomber dans le rouge les places financières en Europe, mais les marchés financiers résistaient tant bien que mal, des dégradations multiples des notes d'États de la zone euro ayant été déjà largement intégrées depuis plusieurs semaines.
Et pour les ménages ? Pas d'impact direct sur le taux de rémunération du Livret A qui n'est pas lié au taux d'emprunt de la France ; même chose pour les livrets bancaires non réglementés. Attention en revanche au possible durcissement du crédit immobilier, dont le coût à taux fixe est lié au niveau des obligations d'État. En cas de hausse, les banques pourraient être tentées de la répercuter sur les crédits proposés aux particuliers.
La note de l'Espagne a été hier soir dégradée de deux crans, passant à A, perspective négative.

