ZONE EURO
Huit autres pays de l'UE, dont l'Autriche, sanctionnés par Standard & Poor's
dimanche 15.01.2012, 05:17
Le commissaire européen Michel Barnier s'est «étonné» hier du moment choisi par S & P pour dégrader plusieurs pays. PHOTO EPALa zone euro, qui espérait traverser une accalmie, replonge dans la crise après la dégradation en rafale par Standard and Poor's de plus de la moitié de ses membres, dont la France, privée de sa note « triple A » et décrochée de la locomotive allemande.
Ces nouvelles turbulences sont aggravées par l'impasse des négociations sur la dette de la Grèce, pourtant vitales pour éviter à Athènes la faillite.
Après le succès des premières émissions obligataires de l'année en Italie et en Espagne, qui semblait éloigner le spectre d'une propagation de la crise à ces poids lourds de la zone euro, Standard and Poor's (S &P) a mis, vendredi, une grande partie de ses menaces à exécution.
L'agence d'évaluation financière, qui envisageait d'abaisser la note de 16 des 17 États de l'Union monétaire, en a finalement dégradé neuf.
Le principal coup de tonnerre concerne la France, deuxième économie européenne, qui perd son AAA, meilleure note possible, et descend d'une marche, comme l'Autriche, à AA +.
La sanction est d'autant plus nette que les quatre autres « triple A » de la zone euro, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande mais surtout Allemagne, conservent cette distinction qui permet de s'endetter à moindre coût.
Les pays déjà dans le viseur des marchés sont eux aussi durement frappés : l'Italie et l'Espagne sont dégradées de deux crans, les dettes du Portugal et Chypre sont reléguées par S &P au rang d'investissements « spéculatifs ». Les notes de Malte, de la Slovaquie et de la Slovénie sont abaissées d'un cran.
Sans compter que l'agence laisse planer la menace d'une nouvelle dégradation d'ici la fin de 2013 pour tous les pays de la zone euro à l'exception de l'Allemagne, plus que jamais dans la peau du bon élève, et de la Slovaquie.
Les institutions et les dirigeants européens sont les premiers visés par les critiques de S &P, très sévère à l'égard des solutions « insuffisantes » apportées à la crise de la dette au fil des multiples sommets « de la dernière chance ».
« Décision aberrante »
« Alors que tous les gouvernements et toutes les institutions européennes sont mobilisés, je reste étonné du moment choisi par l'agence », a déclaré hier le commissaire européen aux Services financiers Michel Barnier, regrettant qu'elle ne prenne « pas en compte les progrès actuels ». Bruxelles a qualifié cette décision d'« aberrante ».
Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), ce mécanisme de secours pour les États en difficulté, pourrait perdre à son tour dans les prochains jours sa note AAA, garantie conjointement par Paris et Berlin, ce qui compliquerait encore plus sa tâche.

