LE TEMPS FORT
Une nouvelle année à sommets ?
lundi 16.01.2012, 05:14Certains jours, une vérification du calendrier s'impose. Oui, nous sommes bien en 2012. Il semble parfois que 2011 se répète. La valse des « sommets de la dernière chance », qui a rythmé l'année dernière, se fait entendre au loin. La monnaie unique devra une nouvelle fois être sauvée.
Derrière la perte du « AAA » se cachent d'autres nouvelles non moins inquiétantes pour la zone Euro. S&P a placé la plupart des États de l'union monétaire sous surveillance. L'agence de notation a dégradé de deux crans l'Italie et l'Espagne.
Pourtant, la semaine dernière, ces deux pays avaient trouvé grâce auprès des marchés. Ils avaient pu lever des fonds à des taux plus intéressants qu'en décembre. L'incendie paraissait circonscrit.
Mais les flammes ont été ravivées en Grèce. Les négociations avec les banques pour l'effacement d'une partie plus importante de l'ardoise n'aboutissent pas.
Le spectre d'une faillite d'Athènes ressurgit. L'inquiétude reprend.
Les appréciations de Standard &Poor's viennent jeter encore un peu d'huile sur ce feu. Selon l'agence, le dernier sommet européen, le 9 décembre dernier, n'a pas abouti à une « percée ». Le sauvetage de l'euro n'est pas acquis.
Tout reste à faire pour les dirigeants européens. La confiance est à rebâtir. Des rendez-vous étaient déjà prévus. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy rencontrera le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Vendredi, il se rend à Rome, avec Angela Merkel, pour un minisommet avec le successeur de Berlusconi, Mario Monti. Ils pourront ainsi faire le point sur la cure suivie par l'Italie.
Enfin, le 30 janvier, un Conseil européen réunira les Vingt-Sept. Nul doute que certains le surnommeront « le sommet de la dernière chance ».
Il faut aller vite. Les marchés attendent - si S&P reflète effectivement leur état d'esprit - que cesse « le conflit ouvert et prolongé entre les décideurs européens ». La Grèce devra rapidement trouver des fonds. Sans une amélioration des conditions d'emprunt, elle pourrait faire faillite fin mars, estime l'agence.
Les conditions vont se durcir d'ici là. La dégradation de la France risque de plomber la confiance accordée au fonds européen de stabilité financière (FESF). Et l'euro attend dès ce matin la réaction des marchés après l'annonce de S&P.
Pour Nicolas Sarkozy, il s'agira, le 30 janvier, du sommet de la chance supplémentaire. Chaque cri de victoire poussé à Bruxelles a été étouffé par la réunion de crise suivante. À chaque fois, le crédit du président s'érode. Un autre sommet, plus proche de la présidentielle pourrait être paralysé par le scrutin et handicaper le candidat. Car nous sommes bien en 2012.

