FINANCES
La crise de la dette au coeur du déplacement de Sarkozy à Madrid
mardi 17.01.2012, 05:17
Nicolas Sarkozy a été reçu par Mariano Rajoy au palais de la Moncloa, à Madrid. PHOTO AFPLes dirigeants français Nicolas Sarkozy et espagnol Mariano Rajoy ont cherché à minimiser l'impact de la dégradation de leurs pays par l'agence Standard and Poor's, appelant à réduire les déficits et relancer la croissance en pleine crise de la dette en zone euro.
« Nous sommes face à une crise sans précédent qui nous impose de réduire nos dépenses, de réduire notre déficit, mais aussi de trouver le chemin d'une nouvelle croissance en résolvant nos problèmes de compétitivité », a estimé le président français devant la presse. Dans cette période difficile, « la France veut continuer à travailler avec l'Espagne ». Mariano Rajoy a apporté le soutien de son pays « à la taxe sur les transactions financières, (...) le cheval de bataille de M. Sarkozy ».
Le chef du gouvernement conservateur effectuait sa première rencontre avec un hôte étranger depuis sa prise de fonctions fin décembre. Le contexte financier et économique ne pouvait pas être plus morose : la note des deux pays a été dégradée vendredi par Standard and Poor's, la France d'un cran, perdant la meilleure note AAA, et l'Espagne de deux crans.
L'Espagne, l'un des pays les plus vulnérables de la zone euro, avec un taux de chômage record de 21,52 %, est menacée de récession. La France a un taux de 9,3 %, le plus haut depuis douze ans, avec une croissance atone.
Néanmoins, le président Sarkozy s'est voulu combatif, à deux semaines du prochain sommet européen, d'autant que deux autres agences de notation, Moody's et Fitch, ont au contraire conservé leur note la plus haute à la France.
« Ne pas s'affoler »
« L'Espagne et la France ont beaucoup à faire pour que l'Europe sorte des crises à répétition qu'elle connaît depuis trois ans », a-t-il affirmé. Les deux dirigeants ont également tenté de minimiser l'impact de la décision de Standard and Poor's. « Sur le fond des choses, ça ne change rien », a estimé Nicolas Sarkozy, appelant à « ne pas s'affoler » mais « à réagir à ces décisions avec sang-froid, avec recul ».
« Cette crise, nous la surmonterons en faisant preuve de courage et en disant la vérité », a-t-il déclaré un peu plus tard, en présentant ses voeux aux Français de l'étranger, depuis la résidence de l'ambassadeur de France à Madrid. M. Rajoy, qui a pris ses fonctions le 21 décembre après sept ans de gouvernement socialiste, espère nouer des alliances avec les principaux dirigeants conservateurs européens au moment où la crise de la dette rebondit dans la zone euro. Avec M. Sarkozy, « nous avons parlé de la nécessité que l'Espagne soit plus présente dans l'Union européenne », « à l'endroit qui lui correspond en fonction de son Produit intérieur brut ».
La France « soutient de toutes ses forces le maintien d'un poste pour l'Espagne » au Conseil exécutif de la BCE, où le mandat du représentant espagnol arrive à échéance fin mai, a répondu M. Sarkozy. « Si l'Espagne ne devait pas réussir (à assainir son économie), nous serions tous impactés », a rappelé le président français : « nous avons intérêt à la réussite du gouvernement de M. Monti (en Italie), nous avons intérêt à la réussite du gouvernement de M. Rajoy ».
Plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy avait été fait chevalier de l'ordre de la Toison d'or par le roi Juan Carlos.
L'agence de notation Moody's a maintenu la note maximale AAA de la France en prolongeant néanmoins son examen de la perspective « stable ». De son côté, Fitch Ratings a indiqué le 10 janvier qu'elle ne prévoyait pas de dégrader la France cette année. Sa note est AAA, avec perspective négative.

