RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT
Les textiles innovants vont enfin prendre racine au croisement de Roubaix - Tourcoing
vendredi 21.12.2007, 05:54Le Centre européen des textiles innovants est enfin sur les rails. Ce projet d'envergure mondiale devrait commencer à fonctionner en 2010. Fer de lance de la zone roubaisienne de l'Union, il est très attendu par les industriels, au-delà de la seule filière de l'habillement.
À force, on finissait par croire que le CETI était le nom d'un nouveau serpent de mer. « C'est un vrai projet que le Nord mérite depuis toujours. Notre région a la légitimité, une histoire, un contenu pour pouvoir rebondir », s'enflamme André Beirnaert, président de l'Union des industries textiles. Qui ne cache pas que le dossier fut compliqué à monter : « On avait tous les jours une bonne raison de laisser tomber. Cet outil n'existe nulle part ailleurs, ni en France ou en Europe, ni même dans le monde », précise-t-il.
Le Ceti, c'est quoi?
Pour faire simple, on dira que cette structure servira de laboratoire géant de recherche et de développement dans le secteur du textile innovant. Mais attention, le terme recouvre des champs très vastes.
Paradoxalement, le textile n'a jamais tant eu de débouchés, et pas seulement dans le secteur de l'habillement. La santé, le bâtiment, l'aménagement routier, et même l'aéronautique utilisent des produits textiles. L'idée sera donc aussi de décloisonner en associant au coeur de ce pôle de recherche des « cols blancs » ayant des compétences en chimie, en biologie en plasturgie, en mécanique et bien sûr en génie textile.
Les industriels pourront soumettre un projet qu'ils n'auraient pas pu réaliser en interne, faute de moyens. De la même façon, la recherche fondamentale menée dans ce centre pourra trouver des débouchés industriels.On pense au textile qui soigne, qui protège, mais aussi à celui qui entre dans la fabrication d'un Airbus.
Dans les labos, on trouvera des chercheurs de l'École nationale des arts appliqués textiles, de l'École des mines de Douai, de l'École nationale supérieure de chimie de Lille, mais aussi des ingénieurs de l'Institut français du textile et de l'habillement. Le CETI sera aussi l'élément moteur du pôle de compétitivité UPTEX. La présence de cet équipement performant devrait doper l'activité de la zone de l'Union, pour l'instant encore à l'état de friche. Pour les marchés « de niche » (un segment très étroit correspondant à une clientèle précise), comme pour celui de la « customisation » (personnalisation des vêtements), les entreprises devront s'arrimer à ce navire amiral au risque de disparaître.« Le marché des matériaux avancés est évalué à 200 milliards d'euros en 2010, il ne faut pas louper le coche », appuie André Beirnaert.

