SALON DU 27 FÉVRIER AU 7 MARS
« Nous vivons les conséquences de la mondialisation sur l'agriculture »
vendredi 26.02.2010, 05:04
Jean-Bernard Bayard est le président de la chambre régionale d'agriculture. PHOTO ARCHIVES SAMI BELLOUMI.À la veille de l'ouverture au public du Salon de l'agriculture, Jean-Bernard Bayard, président de la chambre régionale d'agriculture, nous livre son sentiment sur l'année écoulée, et sur les perspectives.
- Qu'est-ce qui a marqué l'année 2009 de l'agriculture régionale ?
« C'est avant tout la baisse des revenus des agriculteurs (- 34 % en France en 2009). Quelles que soient les productions, la situation est dramatique. Des paysans se posent des questions. Certains envisageaient de s'installer : ils hésitent ou ont abandonné. Ceux qui ont investi ne retrouvent pas de rentabilité suite aux frais engagés. Tous sont confrontés à la réorientation de la politique agricole commune, à la forte volatilité des prix, à des réactions brutales sur les marchés... Nous vivons les conséquences de la mondialisation sur l'agriculture. La région a la spécificité d'être très diversifiée en termes de productions. D'habitude, les agriculteurs limitent la casse en s'orientant vers telle ou telle production. Mais actuellement, il n'y en a pas une pour rattraper l'autre. »
- Quelles sont les solutions ?
« Je me tourne vers les politiques : s'ils veulent encourager la consommation locale, il faut que tous les maillons de la chaîne puissent en vivre. Il y a bien sûr une responsabilité agricole : nous devons organiser le marché différemment, en accompagnant l'évolution économique et celle de la consommation. Nous devons regrouper l'offre pour avoir davantage de poids face aux industriels et à la grande distribution. Par ailleurs, de nouveaux concepts de vente de produits fermiers sont en train d'émerger. Nous devons porter cette évolution sur le territoire. Les consommateurs enfin ont une grande responsabilité dans leurs actes d'achat. »
- Comment voyez-vous 2010 ?
« Je ne vois pas d'embellie sur les marchés. Il y a malgré tout quelques signes positifs. L'accompagnement du conseil régional pour les agriculteurs en difficulté est une bonne chose. Il y a aussi la loi de modernisation de l'économie qui pourrait apporter des solutions. Nous avons besoin de mesures concrètes et immédiates. Car il nous reste des atouts : le bassin de consommation que représente le Nord - Pas-de-Calais, avec ses quatre millions d'habitants. La région est aussi un axe de transit et de passage. L'agroalimentaire y est bien implanté. Nous avons de bons sols et un climat sans excès. Les agriculteurs n'ont jamais été aussi bien formés. Il ne faut pas baisser les bras. »

