SALON DE L'AGRICULTURE
Les mamelles de l'Avesnois sont dans la plus grande ferme de France
jeudi 04.03.2010, 05:06
Boston et Thierry Chombart, de Villers-Pol, ont remporté une quatrième place parmi quatorze Prim'Holstein. PHOTO « LA VOIX ».Maroilles, Bleues ou Traits du Nord... Le Salon de l'agriculture parisien est aussi une vitrine pour l'Avesnois. Qui compte des représentants à deux ou quatre pattes, dispersés parmi 3 500 animaux et 90 000 visiteurs.
Le Salon de l'agriculture, c'est sept pavillons pour plusieurs milliers de mètres carrés. Depuis le 27 février et jusqu'au 8 mars, la plus grande ferme de France attend pas moins de 700 000 visiteurs... Et accueille des Avesnois, dispersés entre 3 500 animaux et 3 600 produits régionaux.
Tous entassés dans de grandes halles fermées. Autant dire que, le Salon, ça cocotte. Alors inutile d'espérer les retrouver en flairant l'odeur du Maroilles.
Pourtant, ceux de la ferme de la Planchette d'Esquehéries, cachés au premier étage du hall 7, sont loin de sentir la violette du printemps. C'est Bruno, pour son premier Salon, qui est chargé des présentations, installé entre la bière et les moules-frites sur le stand Nord - Pas-de-Calais. Selon les dires du jeune homme, le fromage a toujours autant de succès.
Les habitants du bocage sont plus nombreux au hall 1. Celui où volailles, ovins et bovins de toute la France se disputent les caresses. Parmi eux, des Bleues du Nord. Hier, c'était Geoffray Deghem, du lycée agricole du Quesnoy, qui protégeait les mamelles de l'Avesnois. « C'est une super expérience pour découvrir les bêtes et apprendre à s'en occuper », confie l'étudiant en CAP. Comme dix autres lycéens, pour la première fois pendant toute la durée du Salon, il va nourrir, traire et nettoyer les cinq Bleues, tranquillement affalées dans la paille. Et renseigner les curieux sur Victoria, Valérie, Reine, Pauline et Usine. Sans oublier de participer au trophée national des lycées agricoles. Sophie Gruener les encadre : « Ça fait trois ans qu'on fait le Salon avec de plus en plus de jeunes. C'est très bénéfique pour eux : ils vivent et échangent avec les éleveurs, s'intéressent à d'autres productions animales, c'est une véritable ouverture. » Et un moyen de promouvoir la race en voie de disparition : « Ils voient autre chose que les Prim'Holstein et ça peut leur donner envie d'élever une race locale... » Un peu plus loin, le conseil général du Nord s'est installé, une fois de plus, dans sa ferme traditionnelle nordiste : la cense. Avec la participation de plusieurs structures, ils proposent des jeux aux plus jeunes et présentent les produits et races nordistes.
Juste à côté, Thierry Chombart et Boston ont la vedette. Avec sa miss, l'éleveur de Villers-Pol vient de remporter une 4e place parmi 14 Prim'Holstein. Un prix plus symbolique pour l'exploitant, en proie à la baisse des prix du lait. Parce que, comme pour les Avesnois qui ont fait le déplacement, il n'est « pas là pour l'argent, mais pour la reconnaissance ».

