Martine Aubry n'en pense pas moins...
jeudi 24.07.2008, 05:31La maire de Lille a donné son nom aux lois sur la limitation légale du temps de travail, toujours la première à défendre « la réforme qui aura le plus marqué les Français après le passage à l'euro » (1).
Martine Aubry était injoignable hier au moment où le législateur revenait en profondeur sur la durée du temps de travail. Nous nous sommes par contre procuré un document daté de mai 2006 pour servir de base à une tribune dans le journal Le Monde. Un argumentaire longuement commenté sur le bilan des 35 heures et ses perspectives.
Que dit Martine Aubry ? En substance, que les 35 heures avec 100 000 accords d'entreprises et 200 accords de branche ont déclenché « le plus fort mouvement de négociation jamais connu dans notre pays ». Sur l'emploi, « toutes les études sérieuses reconnaissent aujourd'hui que les 35 heures ont créé au moins 500 000 emplois, dont 350 000 dans le secteur privé ». Il faut, d'après la note, y ajouter les emplois indirects, soit au total deux millions de postes, « autant en cinq ans que dans les cinquante années qui ont précédé ».
La valeur travail ? « Les 35 heures n'ont pas dévalorisé le travail, elles l'ont revalorisé elles ne l'ont pas divisé, elles l'ont multiplié. Les vrais enjeux pour l'avenir sont de faire bénéficier des 35 heures les 5,5 millions de salariés du privé qui n'y sont pas encore et améliorer la situation des 15 % de salariés qui ne se sont pas retrouvés dans la réforme, jusqu'à trouver des solutions pour les petites entreprises qui ont rencontré des difficultés concrètes d'application dans certains métiers (restauration, transports...) ».
Les salaires ? « Il y a bien eu maintien des salaires au moment du passage à 35 heures. Plus encore, la modération salariale s'est limitée à 1 %. Sans les 35 heures, les salaires entre 1997 et 2002 auraient augmenté de 10 % au lieu de 8 % en moyenne, pas plus, et 16 % en bas de l'échelle. C'est sans doute insuffisant, je suis la première à le dire, mais cela représente tout de même l'équivalent d'un treizième mois pour tous et d'un quatorzième pour les bas salaires ». À débattre.
1. - Sondage de la SOFRES pour le magazine « Ça m'intéresse » en janvier 2006.

