Autoroute A24

A 24, autoroute de la discorde

Publié le 09/11/2007 à 14h04

En moins de quatre ans, tout a changé ou presque. Printemps 2004 : dans la campagne des élections régionales, l'UMP et l'UDF réclament l'autoroute A24 que promet le ministre Gilles de Robien. Le PS est divisé. Automne 2007 : le Grenelle de l'environnement met à mal le projet.

A 24, autoroute de la discorde
En moins de quatre ans, tout a changé ou presque. Printemps 2004 : dans la campagne des élections régionales, l'UMP et l'UDF réclament l'autoroute A24 que promet le ministre Gilles de Robien. Le PS est divisé. Automne 2007 : le Grenelle de l'environnement met à mal le projet.

Appelée initialement A1 bis (à l'origine, il s'agit de désengorger l'autouroute A 1 (Lille-Paris), puis A 24, puis Liaison autoroutière Amiens-Lille-Belgique (LAALB), le projet d'autoroute A24 déchaîne les passions depuis ce jour de juin 2004 où Gilles de Robien, alors ministre des Transports, a donné son feu vert à la réalisation de cette nouvelle autoroute à péage.

Les origines : le projet d'une autoroute entre Amiens et Lille et qui se poursuivrait vers la Belgique ne date pas d'hier. Dès les années 1970, on parle d'A1 bis, une autoroute qui désengorgerait l'autoroute Paris-Lille. Jusqu'en 2002, la présidence verte du conseil régional gèle le projet. Il revient sur la table en 2004 avec Gilles de Robien, ministre des Transports, farouche partisan de la liaison, laquelle désenclaverait encore un peu plus Amiens, la ville dont il est maire, faut-il le rappeler.

Les fuseaux : l'Etat retient trois familles de tracés. La famille 1 apporte une solution d'itinéraire entre Amiens et l'autoroute A26 et doit se combiner à la famille 2 pour rejoindre la Belgique. La famille 2 justement relie Amiens à l'aire métropolitaine lilloise et à la Belgique et comprend deux variantes selon son point d'entrée en Belgique : le Pont du Badou (près d'Houplines) pour rejoindre la N 58 en Belgique ou l'A22 par le poste frontière de Rekkem. La famille 3 passe à l'ouest d'Avesnes-le-Comte et reprend la famille 2 au sud d'Estrée-Cauchy pour s'orienter soit vers le Pont du Badou, soit vers l'A22.

Le choix du préfet : en octobre 2006, Daniel Canepa, préfet de Région a clairment fait connaître au Ministère des Transports sa préférence passant par l'Armentièrois avant de rejoindre la N58 belge par le Pont du Badou, au détriment du tracé dit "historique" contournant la métropole lilloise au plus près par l'ouest, en rejoignant l eréseau belge par l'A22. Si c echoix ce confirme, une enquête d'utilité publique pourrait démarrer en 2008. Il s'agira alors de réduire le couloir (1000 m de large actuellement) à 300 m, puis 50 m. Il faudra ensuite régler la question des échangeurs. Ce choix a suscité une levée de boucliers des opposants au projet, lesquels n'ont cessé de manifester depuis, et des deux côtés de la frontière, où des comités se sont créés pour contester les tracés voire même le projet dans l'absolu.

Quel financement ? Les deux conseils généraux (Nord et Pas-de-Calais) et le conseil régional ont fait savoir qu'ils ne mettraient pas la main à la poche pour financer l'A24.

Aujourd'hui, au lendemain du Grenelle de l'environnement, le projet semble avoir du plomb dans l'aile...

La Voix Éco