Le projet A24 aux abonnés absents ?
jeudi 27.09.2007, 08:22Mais que devient l'A24 ? Depuis la double campagne électorale, on n'entend plus parler du projet de liaison autoroutière entre Amiens, Lille et la Belgique tant contesté sur notre territoire. Au point de s'interroger sur son devenir...
« Rien ne sera décidé avant le Grenelle de l'environnement, en octobre. » Jean-Louis Hélary, ancien directeur régional de l'Équipement, était on ne peut plus clair avant son départ cet été. « Tous les grands projets sont actuellement gelés dans l'attente de cette consultation nationale qui doit remettre à plat la réflexion autour des infrastructures de transports et leurs enjeux, notamment du point de vue environnemental. Nous sommes à un tournant. La création de grandes infrastructures (à part Seine-Nord), est du domaine du passé. Nous avons désormais intérêt à optimiser les réseaux existants, ou à réaliser des chaînons manquants. » De là à enterrer le projet de l'A24, il y a un pas que ne franchit pas Jean-Louis Hélary.
Venu à Amiens pour donner un coup d'accélérateur au canal Seine-Nord, le nouveau secrétaire d'État aux Transports, tient le même discours. En citant le président de la République, Dominique Bussereau martèle l'objectif désormais affiché : augmenter de 25 % en cinq ans la part de marché échappant à la route pour le transport de marchandises. Comme solutions possibles, il évoque trois pistes : le fret ferroviaire (actuellement mal en point), les autoroutes de la mer (le projet de liaison par bateau à grande vitesse entre Boulogne-sur-Mer et Bilbao), et le réseau fluvial.
« Silences électoraux » Autant dire que dans le tableau ainsi dressé, de nouvelles autoroutes n'ont plus vraiment le vent en poupe. Voilà qui explique que l'A24 fasse du surplace, au moins jusqu'au Grenelle de l'environnement.
Tout en invitant à se « méfier des silences électoraux », Dominique Bussereau reste donc très prudent sur un projet autoroutier qui hiberne et reste dans le brouillard sur deux questions majeures : son financement et les conditions de son raccordement au réseau autoroutier belge d'autant que nos voisins sont sans gouvernement depuis plus de trois mois...

