Autoroute A24

Qui veut encore de l'A24 ?

mardi 30.10.2007, 05:53
Qui veut encore de l'A24 ? Le 4 novembre 2006: les anti-A24 investissent le centre de Lille; moins d'un an et un Grenelle plus tard, ils ont gagné la partie. PHOTO ARCHIVES PIERRE LE MASSON.

En moins de quatre ans, tout a changé ou presque. Printemps 2004 : dans la campagne des élections régionales, l'UMP et l'UDF réclament l'autoroute A24 que promet le ministre Gilles de Robien. Le PS est divisé. Automne 2007 : le Grenelle de l'environnement met à mal le projet.

Le dernier carré des partisans de l'A24 a-t-il perdu la partie ? S'il n'est pas encore KO, il accuse le coup. Le Grenelle de l'environnement lui laisse peu d'espoir.
> Des conclusions pas si claires. - Que dit la synthèse finale des ateliers du Grenelle ? Que « les nouvelles infrastructures routières et autoroutières seront limitées à la résolution des cas de sécurité et de congestion, ou d'intérêt local » et que « ce principe s'appliquera avec bon sens ». Chaque camp peut trouver son bonheur dans cette explication de texte. Les opposants de l'A24 savent désormais que les futures autoroutes seront l'exception. Les partisans du projet peuvent ressortir les arguments de sécurité routière et de désengorgement de l'A1 mis en avant pour défendre l'idée d'une A1 bis (l'ancêtre de l'A24) dès les années soixante-dix.
> Des soutiens affaiblis au fil du temps. - En dehors des querelles liées au tracé et à ses multiples variantes qui ont enflammé le Béthunois, les Weppes et les Flandres, le camp des partisans du projet s'est affaibli au fil des mois.
L'A24 avait un moteur à double casquette en la personne de Gilles de Robien, à la fois maire d'Amiens et ministre des Transports du gouvernement Raffarin.
Aujourd'hui, le député de la Somme n'est plus ministre ni maire. Et si les « décideurs » picards restent majoritairement partisans du projet, ils pèsent peu. Dans le camp des pro-A24, on trouve toujours les milieux économiques.
> Des défections et des conversions. - Le débat public sur l'autoroute, animé en grande partie par les objections des Verts, a fait bouger les lignes entre pro en anti-A24. Olivier Henno, le président de l'UDF-Nord, fut l'un des premiers à se rallier aux thèses écologistes sur l'inutilité d'une telle infrastructure.
Au PS, le débat était feutré entre partisans (plutôt dans le Pas-de-Calais) et détracteurs (plutôt dans le Nord) du projet.
Jacques Mellick, le maire de Béthune, rappelait la semaine dernière qu'il avait défendu l'A24 pour son intérêt logistique mais qu'il misait à présent sur la RN 41 (Béthune - La Bassée - Lille) et sur la modernisation de la ligne SNCF Béthune - Lille.
Marc-Philippe Daubresse, député-maire de Lambersart et ténor de l'UMP dans la région, a aussi fait une croix sur le projet. « J'étais partisan de l'A24 car c'était l'outil immédiat le plus sûr pour le désengorgement de l'agglomération, mais j'ai toujours dit que cela ne dispensait pas de choix forts pour l'environnement », plaide le candidat à la présidence de la communauté urbaine de Lille qui colle à la ligne Borloo de « développement durable ».
> D'autres obstacles. - Au-delà de l'air du temps et du Grenelle de l'environnement, on ne peut s'empêcher de penser que l'A24 a rencontré deux autres gros obstacles sur sa route. D'abord celui du financement car les prévisions de trafic (14 000 véhicules par jour) ne permettent pas à un investisseur privé d'équilibrer l'opération sans des concours financiers que la Région et les deux conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais refusent. Ensuite celui du débouché en Belgique. Car de l'autre côté de la frontière, on ne déroule pas le tapis rouge pour accueillir ce rouleau de bitume avant tout perçu comme un projet « made in France ». •

RÉAGISSEZ !
Faut-il abandonner le projet de l'A24 ?
devousanous@lavoixdunord.fr

DOMINIQUE SERRA

Réagissez

Pour réagir à cet article :

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Voix du Nord Multimédia se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

Nos fiches pratiques et dossiers

Nominations
Voir toutes les nominations
  • 14 Mai 2012

    Alexis Devillers

    Alexis Devillers, 42 ans, a été élu président de Lille Events, premier regroupement des professionnels du tourisme d'affaires et de l'événementiel de Lille métropole et de l'eurorégion...

    Lille Events
  • 14 Mai 2012

    Corinne Henry Munoz

    Carrefour Nord Corinne Henry Munoz est nommée directrice régionale des 13 « hypermarchés d'attraction » (au-dessus des hypers de proximité) Carrefour du Nord - Pas-de-Calais (3 656 collaborateurs)...

    Carrefour Nord
  • 14 Mai 2012

    Gilles Marion

    Oney Banque Accord, filiale du Groupe Auchan, vient d'annoncer plusieurs nominations au sein de ses instances de direction...

    Oney Banque Accord
Signaler une nomination

Nos derniers dossiers

LA VOIX DU NORD

LE JOURNAL du 22/05/2012

INTEGRALITE DE LA VOIX DU NORD EN PDF

Téléchargez l’édition de votre choix