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Canal Seine-Nord

Canal Seine-Nord, un chantier fluvial pharaonique

lundi 26.03.2007, 11:19
Canal Seine-Nord, un chantier fluvial pharaonique PHOTO "LA VOIX"

Le canal doit désenclaver d'ici 2015 le bassin fluvial de la Seine en le reliant via le Nord-Pas de Calais au reste du réseau européen. Les grands ports maritimes du Havre, de Rouen, de Dunkerque, Zeebrugge, Anvers et Rotterdam seront ainsi raccordés. La liaison facilitera la montée en charge de la plate-forme multimodale de Dourges et bénéficiera au port de Dunkerque en prolongeant l'actuel canal Dunkerque-Escaut.

L'itinéraire : le tracé prend sa place dans une bande de 500 mètres entre Oisy-le-Verger (15 km de Cambrai) et Janville (nord de Compiègne). D'une longueur de 105 km, il aura une largeur de 54 m, une hauteur d'eau de 4,5 m et une hauteur libre sous les ponts de 7 m permettant le passage de barges avec trois niveaux superposés, 7 ou 8 écluses de 190 m le long du parcours.


Les emplois créés : « Pendant les cinq ans que dureront les travaux, outre les 4000 emplois directs générés par le chantier, près de 10 000 emplois annuels seront créés. Les estimations indiquent entre 10 et 15 000 emplois dix ans après son ouverture », soit en 2022, pronostique François Gauthey, directeur général de Voies navigables de France.


Les retombées économiques : Sur le nouveau canal, quatre zones d'activités portuaires et logistiques sont prévues : Cambrai-Marquion, Péronne-Haute-Picardie, Nesle et Noyon. Un sacré plus pour le développement économique du Cambrésis. « Ça dépasse le cadre local Cambrai-Arras. Il faut raisonner à une échelle régionale. On veut faire venir des centres de distribution européens », précise Patrice Joosep, directeur général adjoint de la chambre de commerce et d'industrie d'Arras. D'après les projections, d'ici à 2020, 17 millions de tonnes (MT) de marchandises emprunteront le canal Seine-Nord (5,3 MT sans ce dernier) ; 6,5 MT de marchandises seront aussi retirées de la route : soit plus de 300 000 camions évités par an. D'ici à 2020, 5,5 MT de marchandises passeront sur les plates-formes portuaires entre Arleux et Compiègne. Principales filières bénéficiaires ? Les produits agricoles (5 MT transportés en 2020 contre moins de 1,5 MT en 2000), les granulats (sans le canal, c'est 3 MT de plus sur la route en 2020), les produits pétroliers (en 2020, le trafic par voie fluviale représentera 4 fois plus que maintenant)


Moins de camions sur les routes : les perspectives de croissance fluviale d'ici à 2020 conduisent à une réduction du trafic routier de 500 millions de tonnes-kilomètres dans le Nord - Pas-de-Calais, ce qui représenterait 700 000 camions en moins par an en 2020. La pollution serait réduite de 280 000 tonnes de CO2 par an.
Les enjeux sur l'agriculture et l'environnement : le chantier de Seine-Nord va consommer beaucoup de terres agricoles et générer 25 millions de m³ d'excédents de déblais, qui finiront sur des zones de dépôts. Où ? Ça reste à définir. Les chambres d'agriculture et syndicats professionnels participeront à l'élaboration d'un schéma directeur des sites de dépôt. « Les agriculteurs refusent de cultiver ces déblais car ils sont inadaptés à la culture », indique Philippe Truffaut, de la FDSEA du Pas-de-Calais. A noter que le canal permettra, après traitmeent, d'alimenter en eau potable la métropole lilloise, dont 35% des besoins pourront être ainsi assurés.


Le budget : entre 3,1 et 3,5 milliards d'euros. Le montant varie, en fonction du choix d'écluses simples ou doubles. VNF, qui représente la personne publique et qui est porteuse des financements européens, nationaux et régionaux, propose de réaliser le projet du canal Seine-Nord-Europe grâce au partenariat public-privé. Selon Nicolas Bour, monsieur Seine-Nord, les bénéfices actualisés prévoient entre 2,32 et 4,54 milliards d'euros et un taux de rentabilité économique et social s'inscrivant dans une fourchette allant de 6,4 % à 8,7 %.

NICOLAS FAUCON
Illustration - Canal Seine-Nord, un chantier fluvial pharaonique Infographie Sébastien Arnold

Chronologie

  • Décembre 2003 : le comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire inscrit comme priorité nationale le projet de canal Seine-Nord Europe.
  • 2004-2006 : Voies navigables de France, maître d'ouvrage du projet, mène les études d'avant-projet.
  • 21 novembre 2006 : le ministre des Transports approuve l'avant-projet.
  • 15 Janvier 2007 : démarrage de l'enquête publique auprès des populations concernées.
  • 22 mars 2007 : convention portant sur la constitution des réserves foncières à la réalisation du canal
  • Fin 2007 : obtention de la déclaration d'utilité publique.
  • 2017 : mise en service du canal.
Nominations
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