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Marquion : une plateforme « quadrimodale » ?
vendredi 26.12.2008, 04:47Ne pas se contenter de regarder passer les péniches mais fixer une activité économique le long du futur Canal Seine-Nord, c'est l'ambition du projet de plate-forme multimodale de Marquion, non loin de Cambrai.
La plateforme de Marquion concerne, à l'horizon 2015, une superficie de 156 hectares. C'est la plus vaste des quatre zones portuaires programmées le long du Canal Seine-Nord entre le Nord et l'Oise.
Dédié en priorité aux activités de logistique et à l'agroalimentaire, le site de Marquion devrait comporter un kilomètre de quai, un terminal pour conteneurs, deux parcs d'activités industrielles, une zone de services (restaurant, commerces, services aux transporteurs...).
Dans l'état actuel du projet, la plateforme est « bimodale », c'est-à-dire qu'elle est desservie par l'autoroute (échangeur avec l'A26) et la voie d'eau.
Le rail et l'air
Un raccordement au réseau ferré lui donnera un atout complémentaire. Il faut pour cela réaliser un « barreau ferroviaire » entre Cambrai et Arras (actuellement, seule une voie unique relie Cambrai à Douai). « Ce barreau pourrait être utilisé pour le fret basé à Marquion, mais aussi pour les voyageurs », explique Yves Coupé, conseiller régional et élu du Cambrésis.
Le coût de ce « barreau » est estimé à 450 millions, une somme pour le financement de laquelle les regards se tournent vers Réseau ferré de France et vers le conseil régional.
Mais le véritable « bonus » - celui qui ferait de Marquion une plateforme « quadrimodale » unique dans l'Hexagone - consisterait à lui offrir un débouché aérien en réutilisant les installations de la BA 103, la base aérienne militaire dont la fermeture est programmée pour 2012.
Une poignée de kilomètres seulement séparent les pistes d'Épinoy de Marquion.
Pour l'instant, l'hypothèse ne déclenche pas l'enthousiasme sur place. Même si dans les villages riverains, on a pris l'habitude de voir décoller et atterrir les Mirage, on est attentif aux risques de nuisances. « On ne peut pas comparer une poignée de décollages d'avions de chasse deux soirs par semaine et l'activité d'avions gros porteurs toutes les nuits », commente Yves Coupé.
Face à ce projet pour l'instant virtuel, le conseiller régional de Cambrai reste donc prudent. « J'ai une position d'attente, l'idée est intéressante mais je n'ai pas les données pour prendre une position et je me méfie du syndrome de la boucle d'essais ferroviaire abandonnée à cause de l'opposition des riverains », explique Yves Coupé qui invite donc à la transparence et à la prudence.

