LOGEMENT
Les transactions immobilières ralentissent aussi dans le Douaisis
jeudi 14.08.2008, 09:06Des prix de vente qui augmentent moins, des acheteurs prudents, une moindre générosité des banques : dans l'arrondissement aussi, le ralentissement des transactions immobilières est réel.
Il n'y a jamais eu autant d'agences immobilières à Douai. Les transactions, ventes et achats, se porteraient-elles aussi bien ? En interrogeant les professionnels, le constat se nuance rapidement. « Il y a moins de transactions. Les acquéreurs attendent que le marché baisse. Mais il ne va pas baisser », assure Didier Coquidé, le responsable d'une agence de la rue de Paris. Selon lui, tout découle d'un mauvais moral général des ménages. « Les gens n'ont pas envie d'investir. Et en plus, les banques les découragent. »
Comme lui, Séverine Huvelle, négociatrice pour un notaire d'Orchies, estime que « l'immobilier va mal : il y a beaucoup de produits sur le marché. Ce qui se vend le mieux, ce sont des maisons à moins de 300 000 E. Les vendeurs sont obligés de baisser leurs prix et les délais de vente s'allongent. »
Pour la plupart des professionnels interrogés, le relèvement des taux d'intérêt porte une responsabilité dans le ralentissement du marché. « En 2007, on avait des taux à 3,5 %. Aujourd'hui, on est à 5,5 voire 6 %, commente Antoine Rafart, négociateur pour une agence immobilière douaisienne. Du coup, les gens qui pouvaient se permettre d'acheter un produit à 200 000 E ne peuvent plus consacrer que 150 000 E pour ne pas dépasser le taux d'endettement de 33 %. »
Sébastien Carpentier, manager de transaction pour une agence immobilière de la rue de la Cloris, confirme : « La hausse des taux d'intérêt et l'attitude des banques rendent les achats plus difficiles. D'ailleurs, je commence à avoir des attestations de refus de prêt, chose que je ne voyais pas avant puisqu'on élabore au préalable un plan de financement. » Chacun s'adapte donc à la nouvelle donne, et au virage que cela représente pour le marché. « Il ne faut pas dire que ça baisse. Les prix continuent à augmenter mais moins vite : quand on avait des 10-15 % par an depuis 2001-2002, on est désormais à 5 % », analyse Antoine Rafart.
Le professionnel se souvient de maisons sur Marchiennes qui valaient 150 000 E en 2000 et dont le prix a aujourd'hui doublé. Dans cette affaire, la localisation des produits influe aussi sur le prix de vente : « À Orchies, on a vendu au plus cher à 250 E le m². La moyenne s'établissant entre 120 et 150 E. » Dernière grande tendance, la prise en compte par les acheteurs du budget carburant dans leur projet. « Ceux qui gagnent beaucoup n'ont pas peur d'habiter loin de leur travail. Mais pour les autres, cela peut représenter jusqu'à 300 euros de plus par mois », confirme Antoine Rafart.
Pour toutes ces raisons, les acquéreurs potentiels ont tendance à différer leur achat et privilégient à nouveau la location. Un marché qui, depuis six mois, ne s'est jamais aussi bien porté.

