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En Sambre, le marché immobilier connaît un ralentissement

lundi 26.01.2009, 11:06
En Sambre, le marché immobilier connaît un ralentissement La rareté des clients permet de leur consacrer plus de temps, notent certains professionnels. PHOTO « LA VOIX ».

Après plusieurs années prospères, le secteur de l'immobilier est en chute libre, en particulier depuis cet automne. Une crise qui touche également la Sambre.

«  Il y a un frein », répond pudiquement Frédéric Cordioux, agent immobilier pour l'agence Vauban, à Maubeuge. C'est peu de le dire. Depuis le début de l'automne, les clients sont de plus en plus rares à pousser la porte des agences immobilières. Et à leur téléphoner. «  Nous avons une baisse des transactions de 25 à 30 % », renchérit Mathieu Bourel, responsable de l'agence Arcadim, à Maubeuge.

Première raison invoquée : la réticence des banques à accorder des prêts bancaires aux potentiels acheteurs. « Avant, les banques finançaient à 110 %, c'est-à-dire l'équivalent du prix plus les frais de notaires », rappelle Frédéric Cordioux. Un scénario qui a prévalu jusqu'en août. «  Aujourd'hui les banques demandent aux acheteurs un apport de 20 % au moins et la moitié des frais de notaires. C'est une manière indirecte de restreindre l'accès au crédit ». Pour Mathieu Bourel, les banques sont en effet «  plus prudentes : elles vont plus s'attarder sur la situation financière des demandeurs ». Ainsi, s'il y a encore quelque temps, une personne employée en contrat à durée déterminée pouvait toujours espérer se voir accorder un prêt, désormais «  cela passe moins  ».

Voilà pour les acheteurs. À l'inverse, les vendeurs ne sont pas rares, mais ils vivent mal le fait de baisser leurs prix, occasionnant un blocage de la situation. Même si un certain nombre finissent par céder. « Il y a deux ou trois semaines, une maison affichée à 300 000 E s'est vendu 200 000 E, à Maubeuge », se souvient Mathieu Bourel.

«  Les acquéreurs se posent des questions sur leur avenir professionnel et sur celui de la région », souligne Olivier Riglaire, de l'agence Tigre. Un sentiment d'insécurité largement relayé, selon Frédéric Cordioux, par les médias, «  qui "travaillent contre nous" » en conseillant par exemple aux gens d'attendre avant d'acheter.

Les agents immobiliers sont unanimes : le marché se modifie, au profit des acheteurs, alors qu'il y a peu, les vendeurs menaient le jeu.

« On va vers un assainissement du marché », reconnaît Mathieu Bourel, pour qui il y a eu des abus. « Ces dernières années, il y a eu une hausse des prix spectaculaire, confirme Olivier Riglaire, sans rapport avec le pouvoir d'achat local ».

Car la Sambre est un marché particulier, « un secteur ouvrier, avec des petits salaires », souligne Mathieu Bourel. Ainsi, «  les prix des maisons oscillent entre 70 000 et 150 000 E ». Un marché plus bas qu'à Valenciennes ou l'agglomération lilloise, certes, mais qui commence à attirer des acheteurs venus d'ailleurs, «  notamment du Valenciennois », constate Olivier Riglaire : « Il ne faudrait pas que la situation dure trop longtemps ». •

MYRIAM ZENINI

Le point de vue du notaire

Les notaires eux aussi connaissent une baisse d'activités. Explications avec Christophe Levecq, notaire à Maubeuge.

« Nous connaissons en effet une baisse d'activités », résume Christophe Levecq, notaire maubeugeois. Ou plus exactement «  une baisse du volume de transactions », évaluée à « 10 ou 15 % environ ». De même qu'une baisse des prix des maisons et appartements vendus, estimée par l'agent immobilier Olivier Riglaire « à environ 15 ou 20 % ».

« Nous sommes économiquement dans une situation d'attente », qui concerne tout le monde : acteurs, vendeurs, professionnels de l'immobilier, résume Christophe Levecq.

Cependant, les transactions immobilières ne représentent qu'une partie des activités de son étude de notaire. Les autres secteurs - gestion de fermage, droit des sociétés, succession - permettent « de tenir le choc ».

Par ailleurs, Christophe Levecq, dont l'étude s'occupe également de gestion locative, ne note « aucune conséquence » dans ce domaine. En d'autres termes, si la crise économique est là, et que les gens en souffrent, ils continuent à payer leurs loyers. •

Sambre : un marché locatif restreint et onéreux

La baisse des transactions immobilières n'a pas pour effet de réorienter les gens vers la location. Et pour cause : ici, l'offre locative est pauvre, et donc chère.

 

La recherche sur les sites de location d'appartements en ligne est édifiante : trouver un appartement à louer à Maubeuge relève de la mission. Et se complique encore plus quand on recherche une petite surface. Pourtant, remarque Frédéric Cordious, de l'agence Vauban immobilier. « nous avons des demandes pour de petits appartements, mais il n'y en a pas ».

Conséquence, « les loyers sont élevés car il y a peu d'offres », confirme Olivier Riglaire, dont une des agences s'est spécialisée en gestion locative, à Hautmont.

Quant au prix des studios, ils sont très chers « car occupés par des locataires bénéficiant de l'allocation au logement », souligne un agent immobilier, sous couvert de l'anonymat. Ce dernier estime que les propriétaires ont peur de louer : « Pour un logement à louer, vous avez cinq candidats solvables ». De plus, « on constate régulièrement que les gens n'entretiennent pas les biens s'ils en sont locataires ». Ce phénomène, entre autres, expliquerait la réticence des propriétaires d'appartements à louer, optant plutôt pour la vente de leurs biens.

Cependant, tempère Mathieu Bourel, de l'agence Arcadim, présente à Jeumont et Maubeuge, « nous commençons à avoir une clientèle qu'on ne voyait plus, les investisseurs ». Qui préfèrent investir dans la pierre que dans les banques. Une lueur d'espoir pour ceux qui ne souhaitent pas acheter et ne peuvent prétendre être logés par les bailleurs sociaux ? • M. Z.

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