Convention
Union durable entre SOGINORPA et la Caisse de dépôts et consigations
vendredi 11.11.2011, 05:16
De gauche à droite, Dominique Mirada (CDC), Jean-Pierre Kucheida et Dominique Spyer (M §C).Le rapport privé diligenté par le Comité central d'entreprise de SOGINORPA et présenté lors de l'assemblée générale de mardi a produit l'effet escompté. Le doute a tiraillé les 900 salariés qui ont sans doute crû que le ciel allait leur tomber sur la tête.
Jeudi matin, Maisons et Cités - SOGINORPA a scellé une union durable avec la Caisse de dépôts et consignations (CDC). La banque s'engage à financer un programme de quatre cents logements neufs d'ici 2014.
Dominique Mirada, directeur régional de la CDC, savait parfaitement que cette signature intervenait juste après la sortie programmée du rapport établi par un cabinet d'expert-comptable à la demande du comité d'entreprise (coût 120 000 E). Dans celui-ci - pour le résumer grossièrement -, SOGINORPA ne paraît absolument pas en mesure de tenir ses engagements financiers avec toutes les conséquences que cela peut induire. Dominique Soyer, directeur général du groupe, est monté au créneau : « Je sais que l'on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres mais là, c'est incroyable ! » Le salut viendra peut-être de la réaction de Dominique Mirada, un oeil extérieur : « Si nous n'avions pas confiance dans Maisons et Cités, on ne serait pas là en train de signer un accord de partenariat. »
D'autant que l'accord en question porte sur un prêt de 200 M E, plus qu'un Louvre-Lens (130 M E) ! « On a vérifié dans le moins détail si vous étiez en mesure de rembourser les échéances. Nous nous sommes montrés très insistants au point qu'on nous a accusé d'être des tatillons et des technocrates. Au bout du compte, nous avons considéré que vous aviez les reins solides pour faire face. »
Dans les faits, le principe de l'accord est simple. La Caisse des dépôts finance 85 % de chaque logement neuf, « Maisons et Cités » apportant le reste. Il faut compter 150 000 E par construction. Cela signifie que la banque s'engage en moyenne à hauteur de 130 000 E /logement sur un prévisionnel de 400. Soit une manne de 52 M E/an pendant quatre ans. « On débloque immédiatement 76M E , c'est une vraie réalité. » Jean-Pierre Kucheida sait qu'il devra sans cesse rendre des comptes à la tête du groupe mais il est décidé à ne pas se laisser impressionner : « Les anciennes façons de faire ne sont plus de mise. On n'est plus au temps des mines. Il faut bien se mettre ça dans la tête. La Caisse des dépôts et consignations a les deux pieds dans la glaise et elle est comptable de l'argent public. Quelle meilleure garantie ? »
Dominique Soyer souhaite en finir avec les rapports de force qui déstabilisent l'entreprise : « Durant le premier trimestre, nous allons organiser un colloque avec tous nos partenaires. Nous leur présenterons notre stratégie, nous répondrons à leurs interrogations. Nous allons associer les personnels. Cela ne s'était jamais fait chez nous. » Et c'est sans doute cette absence de contre-poids qui avait créé un vide, donc le doute.

