LOGEMENT
Crédits immobiliers en 2012 : chute des prêts, hausse des taux
jeudi 26.01.2012, 14:33
Crédits immobiliers en 2012 : chute des prêts, hausse des taux. PHOTO ARCHIVES P. LE MASSON.Le montant des crédits immobiliers accordés aux Français, après une légère baisse en 2011, devrait fortement chuter en 2012. Dans le même temps, les taux d'intérêt devraient poursuivre leur remontée.
Le montant des crédits immobiliers prêtés par les banques s'est élevé à environ 160 milliards d'euros en 2011, soit une légère baisse de près de 5% par rapport à 2010 (168 milliards), selon une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA publiée ce jeudi.
Mais l'année 2012 devrait enregistrer une « forte chute » des prêts immobiliers aux environs de 130 milliards d'euros, soit un plongeon de près de 20%, selon Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest et auteur de l'étude.
Trois causes principales seraient à l'origine de ce brutal décrochage : « moindre demande des emprunteurs, suppression du prêt à taux zéro (PTZ) pour les achats de logements anciens et forte baisse de l'avantage fiscal "Scellier" pour les investisseurs acquérant des habitations neuves pour les louer », estime M. Mouillart.
Hausse probable des taux d'intérêt
Les taux d'intérêt qui poursuivent leur remontée et les conditions d'octroi par les banques qui se sont durcies, devraient jouer également un rôle dans cette moindre appétance pour les crédits.
En décembre 2011, les taux d'intérêt des prêts immobiliers se sont établis en moyenne à 3,94% contre 3,86% en novembre, soit un bond de près de 70 points de base par rapport au plus bas niveau depuis 1945 (3,25% en moyenne selon le chiffre définitif) atteint en novembre 2010, selon Crédit Logement.
Seulement 47,2% des crédits accordés au 4e trimestre (et même 43,2% en décembre) se situaient au dessous de la « barrière psychologique » des 4%.
« La nécessité (pour les banques) de "marger" sur la production nouvelle, la raréfaction des ressources disponibles sur les marchés et la remontée progressive du coût des ressources maintiennent la pression à la hausse des taux qui devrait s'accompagner d'un nouveau recul des durées moyennes » des prêts, explique l'étude de l'Observatoire du financement des marchés rédidentiels.
Conséquences : « Le taux moyen devrait ainsi remonter vers les 4,25% d'ici l'été prochain » et les emprunteurs sont de plus en plus des ménages aisés qui bénéficient d'un apport personnel plus important « au détriment des clientèles plus jeunes ».

