Pétrole: le brent s'envole à 146 dollars, le light sweet crude à 145
jeudi 03.07.2008, 12:26 Le prix du baril de pétrole a dépassé pour la première fois le seuil historique des 146 dollars, jeudi matin à Londres, et à 145 à New York, dopé par une chute imprévue des stocks de brut aux Etats-Unis et la faiblesse du dollar.
Vers 10h00 GMT (12h00 à Paris), le baril de pétrole Brent de la mer du Nord pour livraison en août prenait 1,83 dollars à 146,09 dollars, sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres. A la même heure, le baril de "light sweet crude" pour livraison en août gagnait 1,69 dollars à 145,26 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Les prix du brut se sont emballés jeudi matin, après avoir dépassé 145 dollars à Londres la veille : le brent a atteint 146,34 dollars vers 09h00 GMT. Au même moment, le light sweet crude, échangé à New York, valait au mieux 145,43 dollars le baril. L'embrasement de mercredi a été nourri par une diminution surprise des stocks de brut américains. Les réserves de brut des Etats-Unis ont reculé de 2,0 millions de barils, à 299,8 millions de barils, la semaine dernière et sont désormais de 15,3% inférieures à leur niveau il y a un an plus tôt, selon le département américain à l'Energie (DoE). Or l'évolution de la consommation énergétique des Américains est très surveillée alors que les Etats-Unis entrent ce week-end dans la saison des grands déplacements estivaux en voiture. Ce déclin des disponibilités américaines intervient également dans un contexte de craintes sur les approvisionnements, notamment dans le Golfe. L'Iran, 4e exportateur mondial de pétrole, a plaidé mercredi pour un compromis négocié sur son dossier nucléaire tout en brandissant la menace d'une réponse sévère et d'une flambée du pétrole s'il était attaqué. Teheran envisagerait de mettre en place des contrôles sur les livraisons passant par le détroit d'Ormuz, où transitent 40% des exportations mondiales de brut, s'inquiètent les intervenants. Il sera "difficile" de remplacer 4,1 ou 4,2 millions de barils de pétrole de production iranienne en cas d'attaque contre ce pays, a estimé le secrétaire général de l'Opep Abdallah el-Badri, présent mercredi à Madrid à l'occasion du XIXe Congrès mondial du pétrole. "Si quelque chose se passait en Iran, il serait difficile de remplacer 4,1 ou 4,2 millions de barils par jour", a déclaré le Libyen. Enfin, la faiblesse du billet vert continue d'attirer les investisseurs qui veulent se prémunir contre l'inflation en se rabattant sur les matières premières. La monnaie américaine évoluait à près de 1,59 dollar pour un euro jeudi, non loin de son plus bas historique à 1,6019 touché le 22 avril. Le dollar pâtit des anticipations de hausse des taux d'intérêt européens, qui devrait intervenir jeudi, indiquent les analystes. Ce scénario rendrait en effet les placements en euros plus attractifs. "Le dollar a continué de souffrir, perdant de plus en plus de terrain face aux autres devises, notamment l'euro, après le rapport de la veille témoignant de destructions d'emplois aux Etats-Unis" ajoutaient les analystes de Sucden, alors que des chiffres sur le chômage sont attendus à 12h30 GMT.
LONDRES (AFP)© 2008 AFP


