La Bourse de Paris a lâché 1,80% et retrouve son niveau de juillet 2005
vendredi 04.07.2008, 08:15
La Bourse de Paris a terminé en forte baisse vendredi, le CAC 40 perdant 1,80% dans un marché déstabilisé par l'absence de nombreux investisseurs et alarmé par une nouvelle étude négative de Goldman Sachs sur le secteur bancaire.
L'indice vedette a lâché 77,99 points à 4.266,00 points, dans un volume de transactions très modeste de 3,5 milliards d'euros, effaçant entièrement son rebond de la veille (+1,11%) pour retrouver son niveau de juillet 2005.
Londres a cédé 1,16%, Francfort 1,28% et l'Eurostoxx 50 1,67%.
"Les marchés américains étaient fermés (en raison d'un jour férié, ndlr) et sans eux, on perd rapidement nos repères", la faiblesse des volumes d'échanges accentuant de surcroît la moindre variation, a expliqué à l'AFP Yves Marçais, vendeur institutionnel chez Global Equities.
Selon lui, il ne serait donc "pas surprenant de voir les indices européens rebondir lundi avant l'ouverture de la Bourse de New York pour combler leurs pertes" du jour, jugées peu significatives.
Parmi les rares déclencheurs identifiables de cette rechute, une note de Goldman Sachs a affirmé vendredi que les banques européennes pourraient devoir lever entre 60 et 90 milliards d'euros pour renforcer leurs capitaux propres.
La banque américaine a par conséquent abaissé ses prévisions de résultats 2008-2010 pour 40 banques européennes, dont les françaises BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Natixis et la franco-belge Dexia.
La place parisienne a par ailleurs souffert "de l'absence totale de visibilité sur l'évolution du pétrole, alors qu'on arrive dans la période des cyclones aux Etats-Unis et que les craintes sur une attaque américaine de l'Iran sont de plus en plus présentes", a ajouté le vendeur de Global Equities.
BNP Paribas (-2,79% à 57,04 euros), Crédit Agricole (-2,50% à 12,89 euros), Dexia (-3,40% à 9,65 euros) et Société Générale (-2,51% à 54,81 euros) pèsent sur l'indice, les investisseurs peinant toujours à évaluer l'ampleur des recapitalisations que la crise financière pourrait rendre nécessaires.
Air France-KLM (-1,74% à 14,15 euros) n'a guère profité du léger reflux des cours du pétrole, après avoir indiqué qu'il s'apprêtait à réduire ses ambitions en matière de capacités dès la prochaine saison d'hiver face à la hausse du prix du kérosène.
Suez (-4,04% à 40,81 euros) a succombé à la morosité générale, sans profiter des 228 millions d'euros que la vente de 12,5% de la société Fluxys a rapporté à sa filiale belge Suez-Tractabel. Par ailleurs, la concurrence avec EDF (+0,45% à 58,09 euros) pourrait être ravivée après l'annonce de la construction d'un deuxième réacteur de 3e génération, l'EPR. EDF s'est aussi dit prêt à "s'engager dans ce projet".
EDF Energies Nouvelles (+1,37% à 40,84 euros), parmi les rares hausses de la cote, a profité de la mise en service annoncée au Royaume-Uni du parc éolien de Walkway, d'une puissance de 14 mégawatts.
Trigano (-10,79% à 9,01 euros) a encore dégringolé après avoir déjà perdu 23,77% jeudi, la baisse de son chiffre d'affaires ayant montré que le groupe avait raté la saison où il vend en principe le plus de camping-cars.
SeLoger.com (-8,40% à 13,74 euros) a subi une sévère correction après la révision en baisse de ses perspectives financières.


